‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 214 sur 312 · Par ex. Rom., 21-22, x · texte numérisé non relu

Par ex. Rom., 21-22, x

2. Voir ma brochure Luther aux yeux du rationaliste et du catholique, ch. I, S ^» p. 52 et suiv. La preuve de ce que nous avançons, preuve qui éclaire nombre de points, sera donnée dans le second volume. Je l'aurais volontiers donnée ici, mais par égard pour ceux qui possèdent déjà la première édition, et surtout à cause du trop de place qu'elle exigerait, je dois la différer jusqu'alors. [Deniiïe veut évidemment parler du supplément intitulé Quellenbelege. Yoît le t. 1 de cette traduction, p. xiv-xvii. — Comme Denifle le dit lui-même dans ce Supplément (p. xv), Abélard fait exception; il a entendu ici la^ justice de Dieu dans le sens de « justa ejus remuneratio sive in electis ad gloriam, sive in impiis ad pœnam » (p. /jg). Mais, comme l'ajoute Denifle, il allait contre toute la tradition, si bien qu'il ne fut suivi par personne, pas même par ses disciples Gilbert de la Porrée et Pierre Lombard [N. d. T.].

3. J'ai déjà cité des passages de Luther sur ses excessives mortifications d'autrefois. Sur la fausse conception de la « justice » dans le sens d'une « justice qui punit », voici un passage de i53a : « Porro hoc vocabulum « justitiae » maguo sudore mihi constitit. Sic enim /ère exponebant, justitiam esse verltatem, qua

LES MENSONGES DE LUTHER, APPUIS DE LA RÉFORME 3î9

seul et même but : Vexaltation de son Evangile, de la justification par la foi seule, qui est Tunique nécessaire, et, par contre, la preuve que dans l'Eglise on voulait se justifier par ses propres œuvres et sans l'aide de Jésus-Christ. Dans le cloître, Luther a cherché à se justifier par lui-même et à se concilier la sévérité du souverain juge : c'est là la seule manière dont il y envisageait Dieu et Jésus-Christ. Pour y parvenir, il a pratiqué dans son sens le plus élevé la sainteté papiste et monastique ; cette sainteté ne l'a conduit qu'à la ruine de son corps et de son âme ; au lieu de l'unir à Dieu, elle ne lui a inspiré pour lui que de la haine; enfin, au lieu de lui procurer la paix du cœur, elle l'a mené au désespoir. Il en avait été de même pour tous les autres qui, afin de trouver Dieu et le Christ, avaient voulu marcher par la voie de l'amertume. Telle est, en résumé, sa première assertion. La seconde peut se formuler ainsi : Par une inspiration du Saint-Esprit, il reconnut enfin que par la « justice de Dieu » (dont parle l'Epître aux Romains et d'autres passages de l'Ecriture), il fallait entendre non pas la justice qui punit, ainsi qu'il l'avait cru faussement d'après les explications de tous ceux qui l'avaient précédé, mais la justification par la foi. C'est alors seule-

Deus pro merito damnât seu judicat maie meritos. et opponebant justitiae mîsericordiam, qua salvantur credentes. Haec expositio periculosissima est, praîterquam quod vana est : concitai enim occultum odiam contra Deum et ejus jastitiam. Quis enim potest eum amare, quisecundumjustitiamcum peccatoribus vult agere? Quare memineritis, justitiam Dei esse, qua justiflcamur seu donum remissionis peccatorum. » Enarrat, in Psalm. Sî {0pp. exeg, lat., XIX, i3o), sur le psaume 5o, v. i6.

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ment que le jour se fit dans son âme, qu'il fut délivré de ses mortifications et des épouvantes du cloître, qu'il se sentit renaître, et que les portes du paradis lui furent ouvertes. Le lien entre ces deux assertions se trouve dans ce cri qu'il pousse après la découverte de son Evangile : u Aujourd'hui, nous voyons cette belle lumière dans toute sa clarté ; puissions-nous en profiter largement » ! Mais ces suites heureuses ne se produisaient pas au gré de ses désirs ; dès lors, il rappelle aux siens sa vie de tristesse sous le papisme, avant que la lumière eût brillé à ses yeux: (( Ce qui doit vous exciter, c'est avant tout mon exemple et celui des autres, nous qui avons vécu dans la mort et l'enfer, et qui n'avons jamais eu des bénédictions aussi abondantes que celles dont vous jouissez aujourd'hui 1 ». Venant ainsi l'une après l'autre, ces deux phrases veulent dire : Dans nos ténèbres d'autrefois, lorsque avec nos mortifications excessives (dont il vient de parler deux pages plus haut), nous étions de saints moines, il nous a été impossible de trouver cette paix du cœur dont vous jouissez maintenant avec plénitude dans la lumière de l'Evangile.

Que de mensonges officieux ne dut pas commettre Luther en faveur de son « Église », pour en arrivera cette conclusion, et pour pouvoir parler d'expériences au sens que nous avons découvert dans les deux assertions que nous venons d'examiner ! Et pour faire croire qu'avant lui, l'Église n'avait connu qu'un juge punisseur, il ne lui suffît plus de l'affirmer, ce qu'il faisait déjà avant

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