Ci-dessus, p. 44 et suiv. , .:. .;■. •,. . m
324 SOLUTION DU PROBlImB
le second volume lorsque nous examinerons pourquoi ce n'est qu'après i53o qu'il a produit toutes ces affirmations'^
En résumé, il est censément certain que les confidences postérieures de Luther sur ses mortifications excessives d'autrefois, sur le but qu'il se proposait en les pratiquant, rentrent dans la catégorie de ces mensonges prémédités que, les plus forts y compris, il a regardés comme permis, qu'il a défendus pour le salut de son « Église » et de sa doctrine. Cette conclusion concorde parfaitement avec celle à laquelle nous sommes précédemment arrivés : l'historien est très embarrassé pour situer ces mortifications ; elles ne semblent pas pouvoir se placer pendant son séjour à Erfurt, et moins encore quand il était à Wittenberg. Alors même qu'on se refuserait à admettre ma conclusion, on devrait cependant du moins regarder « le grand Allemand », ce « génie sans pareil », comme un homme d'une ignorance et d'un manque de bon sens incroyables ; et par cette explication, l'on serait encore resté sans résoudre le moins du monde la contradiction entre les diverses assertions de Luther sur le but que l'Église assigne aux œuvres de pénitence : les unes, avant sa chute, et conformes à la vérité; les autres, beaucoup plus tardives, et absolument controuvées.
Que l'on rejette ou non mes conclusions [sur les mor-
I. Par second volume, peut-être faut-il entendre le tome II, publié par le P. Weiss, où du reste ces développements ne semblent pas se trouver (voir ci-dessus, p. 219, n. i); peut-être faut-il entendre la seconde Partie du 1. 1, c'est-à-dire ce qui va suivre dans les t. II-IV de cette traduction (N. d. T.)»
tifi cations personnelles de Luther], il y a du moins deux assertions, communément admises jusqu'ici, qu'il faut rayer pour toujours de toute légende de Luther :
1. Les pénitences excessives qu'il aurait pratiquées au couvent étaient selon l'esprit de l'Église et de son ordre.
2. L'Église et son ordre lui avaient recommandé ces pénitences comme des moyens, des soutiens pour se concilier la rigueur du souverain Juge, se le rendre propice, effacer ses péchés, arriver à la possession de Dieu et du bonheur du ciel ^.
Au lieu de reproduire ces assertions, les biographes du Réformateur sont obligés ou de réfuter mon exposé, ou d'accorder que l'on est très fondé à suspecter la sincérité de Luther lorsque, après i53o, il parle des mortifications excessives de sa vie monastique.
Est-il du moins indiscutablement vrai qu'à l'époque où (( la lumière de l'Évangile » n'avait pas encore lui à ses yeux, Luther n'ait connu Dieu (ou Jésus-Christ) que comme un juge sévère et qui cherche à punir, et non comme un Dieu et un Père plein de miséricorde, et cela par la faute de l'Église, en sorte que ce serait par Luther que pour la première fois l'on serait parvenu à l'idée et à la certitude que a l'on peut se reposer sur Dieu », qu'il est « celui qui, par le Christ, crie à la pauvre âme : « Je suis ton salut » ^ ? En outre, est-il vrai que l'Église ne fonde notre réconciliation