Bréviaire, fol
3. « Deus, tu conversus vivificabis nos : et plebs tua laetabitur in te ». Missel, fol. m. Voici le beau commentaire que nous donne Luther de ce verset dans ses Dictées sur les psaumes (Weim., IV, 8 (i5i^) : « Ergo mortui sumus ante conversionem tuam, et mors nostra est aversio tua, sed conversio tua fiât vita nostra. Quomodo enim anima potest vivere^ a qua Deus aversus est, quia est vita animaB, sicut anima corporis ? »
/j. « Couverte nos Deus salutaris noster ». Bréviaire, fol. 69\
5. Par exemple, le lundi après le premier dimanche de Carême. Missel, fol. 25". — Secrète du dernier dimanche après la Pentecôte: « Omnium nostrum ad te corda couverte ». Ibid., fol. i53.
6. « Deus in adjutorium meum intende. Domine ad adjuvandum me festina ». Cette invocation se récite avant chaque partie de la prière liturgique, avant chaque heure de l'office divin, et, de
35ô LES PRIÈRES DE l'ÉGLISE
verset forme les deux premiers vers du psaume 6g ; en i5i/i, Luther fut donc amené à en parler dans ses Dictées sur les Psaumes, Or, il l'explique lui-même en ce sens que l'Église n'a pas confiance en ses propres forces, et qu'elle appelle la main de Dieu à son secours*.
Et c'était précisément à cause de ce verset, que (( les prêtres prononcent si souvent le jour et la nuit », que Luther leur recommandait à tous la récitation de ce psaume 69 : ils ne devaient pas le marmotter avec tant de froideur et par manière d'acquit, mais le réciter avec toute l'attention possible, afin d'attirer par cette prière la protection de Dieu sur l'Église. ({ Car, ajoute-t-il, si l'Église est soutenue par Dieu, alors nous aussi, nous serons sauvés ; elle est notre poule et nous sommes ses poussins. Ce n'est pas inutilement que V Esprit-Saint a prescrit le commencement de ce psaume comme début de toutes les heures canoniales. » Ensuite, Luther énumère les fruits et les effets de ce verset, ou plutôt de cette prière, contre les tyrans, les hérétiques, les scandaleux, en un mot, contre lés ennemis de l'Église ; contre les vices et les péchés passés (( afin qu'ils ne nous poussent pas au désespoir » ; contre rimpétuosité de la concupiscence de la chair et de ses œuvres; contre les séductions du monde et les suggestions du démon, « afin qu'elles ne te dominent pas, mais, au contraire, que tu persévères dans l'espérance,
plus, trois fois de suite après le verset Preiiosa, de prime. Les jours où l'on récitait le Petit Office de la sainte Vierge, et ils étaient nombreux, on la disait iîuit fois de plus ; en sorte que ces jours-là Luther devait réciter ce verset jusqu'à dix-neuf fois, I. Weim., III, ^^4 (i5i4).
l'église NOtfë MENE A Î>IÉU 35 1
la foi, la grâce et l'union avec Jésus-Christ. Tu diras donc : « Seigneur Dieu, viens à mon aide ». Car cette prière est un bouclier, une flèche, un éclair et une protection contre tout assaut de la crainte, de la présomption, de la tiédeur et de la (fausse) sécurité, etc., défauts qui dominent surtout de nos jours » ^ Qui croirait que celui qui écrit ces paroles d'or en faveur de l'Église est le même qui plus tard, inlassablement et toujours davantage, reprochera à cette Église de n'avoir rien su de Dieu ni du Christ, de n'avoir regardé Dieu que comme un iuge sévère et irrité, qu'il faudrait apaiser par nos œuvres et nos mortifications, etc.. ? De fait, en un sens il était devenu un autre homme, un homme qui ne reculait devant aucun moyen pour calomnier l'Église, et la faire haïr, afin de faire valoir ainsi sa propre doctrine !
Dans ce qui précède, l'Église nous a inculqué cette conviction que, sans doute, nos ennemis sont puissants, mais que Dieu est plus puissant encore, et que c'est de lui seul qu'elle attend le salut 2. Aussi elle dit à la fin des psaumes de la pénitence, que du temps.de
1. Weim., III, /iAG-^47. Je me contente de transcrire ici le commencement du texte latin : « Unde omnibus sacerdotibus commendandus est psalmus iste, cujus principium tam fréquenter diu nocteqne volviint, ut non tam frigiae et perfunctorie ipsum demurmurcnt, sed tota intentione Ecclesiam Dei in ista oratione juvent. Quoniam si Ecclesia adjula fuerit, nos quoque salvi erimus, cum ipsa sit gallina nostra, nos pulli ejus. Non enim frustra Spiritus S. sic ordinavit in omni hora pro principio hoc principium hujus psalmi ».
a. Collecte du lundi après le III* dimanche de Carême : « Subvcniat nobis Domine misericordia tua, ut... te mereamur protègent© eripi, te libérante salvari ». Bréviaire^ fol. io5. Voir en outre l'oraison du premier dimanche de l'A vent. Missel, fol. i.
353 LES PRIERES DE l'ÉGLISÊ
Luther on récitait si souvent avec les Litanies des Saints : a Sois-nous, Seigneur, une forteresse inexpugnable contre nos ennemis ^ ; » et, comme Luther vient de le dire clairement, les plus redoutables sont au dedans de nous-mêmes. C'est encore en pensant à ces ennemis que, dans l'hymne des vêpres du vendredi, l'Église demande à Dieu de vouloir bien dans sa bonté chasser de nos cœurs tout ce qui se mêle d'impur dans notre conduite et dans nos actions 2; dans l'hymne des vêpres du mardi, de vouloir bien avec la rosée de sa grâce purifier les blessures brûlantes de notre âme, afin que par les larmes, c'est-à-dire, par le repentir, nous réparions nos fautes et domptions nos mouvements dépravés 3. L'Église a la ferme confiance que Dieu nous viendra en aide, précisément parce qu'il a envoyé son B'ils en ce monde pour notre salut, afin qu'en s' abaissant jusqu'à nous il nous fît remonter jusqu'à Dieu ^.
L'Église attend tout de Dieu, et cela, grâce aux mérites de Jésus-Christ et par la vertu de sa passion.
1. « Esto nobis, Domine, turris fortitudinis ». Bréviaire, fol. 433*.
2. Repelle a servis tuis, Quidquid per immundiliam Aut moribus se suggerit Aut aclibus se interserit.
Bréviaire, i. 267'',
3. Mentis perust» vulnera Munda virore grati», Ut fada tletu diluât, Motusgu» praTOS attsrat.
Bréviaire, i. 263.
A. Oraison de la bénédiction d«s rameaux ; a Deus, qui filium tuum... pro salute nostra in hune mundum misisti, ut se humiliaret ad nos, et nos revocaret ad te »... Missel, fol. 6o.