‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 234 sur 312 · Luther trouvait ces sentiments exprimés dans l'hymne des · texte numérisé non relu

Luther trouvait ces sentiments exprimés dans l'hymne des

vêpres des dimanches de Carême Aures ad nostras (Bréviaire,

fol. a^3'') :

Cbriste lux vera, bonilas et vita, Gaudiutn mundi, pistas immensa, Qui nos a morle roseo salvasti Sanguine tuo.

56o t'Es PRIÈRES DE L'ÉGLISE

chose. Au début, Luther lui-même qui, plus tard, ne saura comment assez reprocher à l'Église et à ses théologiens d'avoir poussé les hommes au désespoir, et lui tout spécialement, parce qu'ils n'auraient connu et montré Dieu que comme un juge sévère et irrité, Luther, alors qu'il n'avait pas encore besoin de tels mensonges, n'osa pas avancer cette affirmation. Et, sur ce point, sa doctrine était celle de l'Église^

Jusqu'ici, les théologiens protestants n'ont jamais songé à la source que nous venons d'utiliser dans ce chapitre. Autrement, comment Harnack aurait-il pu écrire les paroles que nous avons citées plus haut 2, sur le joyeux message de Luther à la chrétienté ? Et cependant, combien ai-je peu utiHsé cette source ! Luther, lui, la connaissait, il y a puisé, il en a même inséré çà et là des passages dans ses écrits, tout comme il faisait pour les textes de l'Ecriture 3. Dans ces cita-

1 Voici, par exemple, ce qu'en i5i3-i5i4, il écrit dans ses Dictées sur les Psaumes : « Lex vêtus primum adventum Christi prophetavit, in quo Christus in judicio benigno et salutan régnât, quia adventus gratie et benignitatis est... Nova autem lex de futuro iudicio et justitia prophetat, quia secundum adventum Chnsti prophetat qui erit in judicio severitatis et vindicta eterna, ut patetin multis autoritatibus, Joh. 5 : Potestatem dédit ei judicium tuum facere » ; 2 Tim. 4 : « Qui judicaturus est vivos et mortuos » ; Rom. 2 : « In revelatione justi judicii Dei ». Weim, III, 462.

3 II écrit, par exemple, dans son Commentaire sur l Epitre aux Romains, sur le verset i4 du chapitre VIII (Fol. 2oo\ Ficlcer, II, iq4) • « Spiritu Dei agi, i. e. libère, prompte, hilanter carnem, i e. veterem hominem mortiticare, i. e. omnia contemnere et abnegare, quae Dens non est, etiam seipsos, ac sic nec mortem, nec arnica mortis gênera pœnarum sœva pavescere ». Les mots soulignés sont empruntés à l'hymne de la fête pour me vierge et martyre

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