‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 237 sur 312 · MANQUE DE CRITIQUE DES ÉCRIVAINS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

MANQUE DE CRITIQUE DES ÉCRIVAINS PROTESTANTS

De la doctrine même de Luther, on fait très bon marché ; de l'aveu de plusieurs d'entre eux, les théologiens protestants s'en éloignent plus qu'autrefois Luther lui-même ne s'était éloigné de la doctrine catholique. Mais s'il s'agit du rôle de Luther contre l'Eglise, alors tout ce qu'il a dit est accepté sans contrôle. Il écrit par exemple : « Lorsque j'étais moine dans le papisme, je n'en ai pas trouvé un seul à pouvoir m'enseigner ce que c'était que le Christ, les dix commandements, le Notre-Père et la foi ; ce que c'était qu'un chrétien, un sacrement, le baptême, la fonction d'évêque, l'état du mariage et les autres états *. )) Eh bien ! pour les protestants, il ne saurait s'élever aucun doute sur la vérité de toutes ces affirmations, sur la véracité et la loyauté de Luther. Bien au contraire, les ténèbres où il nous représente l'humanité sous la papauté leur servent de fond de tableau pour mieux mettre en lumière le portrait radieux du grand Réformateur.

Un autre exemple ^ fera encore mieux saisir ce manque de critique : « Au début, écrit Kœstlin, ce que Luther

î. Ed., 4, 5 (i532). — L'année précédente, dans son Avertissement à ses chers Allemands {Warnung an seine lieben Deutschen), il avait donné une puis longue énumération encore. (Erl., aS, 67). A la p. ^8, il concluait : « En résumé, nous ne savions rien de ce qu'un chrétien doit savoir. L'âne de pape a tout enténébré et caché. Ah ! oui, ce ne sont que des ânes, de grands et de gros ânes, qui ne savent rien de ce qui regarde la foi. Moi aussi, j'ai été du nombre, et je sais qu'ici je dis la vérité. »

2. On peut ajouter celui du ch. vu, S i sur les trente articles qu'en i52o Luther prétendit avoir tirés du droit canon. (Ci-après, t. IV, p. 1 83- 186), Du reste, tout ce chapitre vu complète le présent paragraphe (N. d. T.).

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