‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 242 sur 312 · II Timoth., IV · texte numérisé non relu

II Timoth., IV

tt. Commentaire sur VEpître aux Romains, fol. 281 [Ficker, il» 827] ; (( Quia omnes ibi judicandi sumus. »

duc Georges, écrite en i533, et le Commentaire sur VEpître aux Galates, publié en i535. Nous avons déjà étudié le premier à l'occasion du a Baptême monastique » ; nous avons eu aussi à nous en occuper à propos des « horreurs )) de la vie claustrale. Pour le Commentaire )), Luther l'avait professé devant de jeunes auditeurs qui, selon ses propres paroles, n'étaient pas encore infectés de la doctrine papiste ^ et qui, par conséquent, étaient incapables de contrôler l'exactitude de ses affirmations. Il mit à profit, sans compter, une circonstance aussi favorable. Il poussa même l'audace jusqu'à dire à ces jeunes étudiants que l'Eglise enseignait à douter si l'on était en état de grâce, si ron avait la foi, etc. Lui-même, disait-il, il était un exemple des fruits de cette doctrine : autrefois, il avait été tourmenté par des doutes de ce genre ; au milieu des plus durs exercices de la vie monastique, dans de ferventes prières le jour et la nuit, il n'avait trouvé qu'inquiétude et désespérance. Naturellement, devant cette jeunesse facile à tromper, ce n'était pas sur lui qu'il en rejetait la faute, mais sur l'Eglise.

Dans des écrits postérieurs, ses affirmations devinrent encore plus hardies. Ses partisans se multipliaient chaque jour davantage. Il en vint donc à dire que dans l'Eglise le texte du premier chapitre de l'Epître aux Romains avait été compris jusqu'alors uniquement

1. Ainsi, par exemple, dans II, i63 : « Hanc impîam opinionem... vos y'uniores fugite et exhorrescite, quiaea nondum imbuti estis »... 167 : « Vos juniores facile puram doctrinam evangelii (Capere et illam pestiferam opinionem vitare potestis, qaia ep, nondum estis infecti »... 1^9 : «Vos adolescentes », etc..

LES DIRES DE LUTHER APRES 1 53o 877

dans le sens d'un Juge qui punit; malgré « le trouble profond de sa conscience )>, lui aussi, Luther, il avait tout bonnement cru et accepté ce sens jusqu'au jour où pour lui la porte s'était ouverte sur saint Paul^. Tous les cœurs, on le comprend, devaient s'apitoyer sur celui qui, dans l'Eglise catholique, n'avait jamais entendu parler de miséricorde, mais seulement de justice, d'un Dieu sévère, d'un Christ vengeur venant « sur les nuées du ciel » ; tous devaient l'approuver d'avoir gagné le large. Et les théologiens protestants d'aujourd'hui font tout comme autrefois les jeunes étudiants de Wittenberg.

Voyons donc comment Luther s'écarta du droit chemin.

S 3. — Quand et comment, d'après les sources connues jusqu'ici'^, Luther en arriva-t-il à s'écarter du droit chemin ?

Pendant cette vie, et surtout au service de Dieu, il faudrait être un ange pour ne pas être de temps à autre en butte aux tentations. « Mon fils, en entrant au service du Seigneur, prépare ton âme à la tentation 3 ». « La vie de l'homme est une milice^ ». L'une des tentations les plus communes, provoquée ordinairement

I. 0pp. exeg. lat.,\U, 7A (ihl^o-ibàx); 0pp. var. arg., I, 22 (5 mars 1545).

a. C'est-à-dire avant la découverte du Commentaire sur l'Epître aux ttomains. Denifle parlera de ce Commentaire dans le paragraphe suivant (N. d. T.).

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