LUTHER A-T-IL FAIT VCEU DE RENIER J.-C. ? S
pas non plus universellement le soutenir. Douze ans après, en i533,il n'a plus l'ombre d'une hésitation : aucune honte ne l'arrête ; il a le front d'écrire qu'il a fait vœu de n'avoir plus besoin du sang et de la passion du Christ, parce que désormais sa vie avait la valeur du baptême, du sang et de la passion du Christ, parce que le Christ n'était plus la voie ; que ses propres œuvres excluaient le Christ, et que, pour lui et pour les autres, elles étaient la voie qui menait au Père^ 1
C'est maintenant seulement que l'on peut saisir toute sa duplicité dans son interprétation des mots de saint Bernard : « J'aimai vécu » ; et personne ne s'étonnera de le voir en parler longuement, précisément dans ce même libelle de i533 contre le duc Georges de Saxe 2. Par ces paroles, que nous avons étudiées plus haut 3, saint Bernard, dit Luther, a est en réalité, tout comme moi, un véritable apostat, un moine défroqué et parjure. Car, encore qu'il n'ait pas jeté le froc, qu'il ne se soit pas échappé du couvent, et qu'il ne se soit pas marié, son cœur nous dit pourtant ici qu'il désirait et qu'il voulait sauver son âme, non pas par son état de moinerie, mais uniquement par les mérites et par la justice du Christ)). Si saint Bernard avait cru qu'à cet effet (( son baptême monastique eût suffi, que par là il fût devenu pur comme un enfant au sortir du baptême..., alors, il aurait dit : « Maintenant, mon Dieu, je puis
I. Voir ci-dessus, I, p. ii5 et suiv. où j'ai cité les prières qui ont été récitées sur Luther lors de sa profession et dans lesquelles l'ordre est désigné simplement comme une voi« qui mène à Jésus-Christ.
a. Erl., 3i, 287-288.