Voir ci-dessus, I, p. 74 et suiv
donc mourir I Me voici, je viens avec mon baptême monastique et la sainteté de mon ordre; je suis pur et innocent; ouvrez toutes les portes du ciel, j'ai bien mérité d'y entrer... » Mais Bernard ne s'engage pas si avant ; il retourne en arrière, il envoie promener sa moinerie, et il s'attache à la passion et au sang de Jésus-Christ. Tôt ou tard, tous les moines ont dû en arriver à apostasier de la sorte, à abandonner leur baptême monastique et à devenir parjures ; sinon, ils sont tous allés au diable avec leurs frocs et leurs tonsures. »
A tout lecteur intelligent et exempt de préjugés il est désormais inutile de faire remorquer que tout ce développement de Luther manque de fondement, qu'il repose sur une invention imaginaire. Du reste, il est piquant de voir dans un même écrit Luther déclarer saint Thomas l'inventeur du « baptême monastique », de ce baptême (( parjure, traître et apostat», et, dix pages après, de le voir faire « vivre longtemps saint Beinard dans le baptême monastique », pour le lui faire finalement rejeter î Ici, comme en tant d'autres circonstances, le « Réformateur » consulte uniquement les besoins du moment. Il n'y a là désormais rien de nouveau pour nous.
Dès l'instant que dans le baptême Luther voulait trouver un argument contre la « moinerie » il lui fallait mentir, car la vraie doctrine catholique ne se prêtait à aucune équivoque. Et défait Luther a menti; et c'est précisément lui qui, plus que personne jusquelà, a rabaissé la dignité du baptême. Dès i5i6, il estime que la régénération du baptême ne consiste pas