I. Weim., III
a. Chronik des Johan Oldecop (1891), p. ^g.
4aO ORGUEIL DE LUTHER
montrera. Puis il menace : « En temps opportun, sur l'ordre de celui qui commande, et qui requiert l'obéissance, maître Nathin saura peut-être ce qu'il peut apprendre de moi. » Et aussitôt après ces violences, il ose ajouter avec une certaine inconscience : « Je suis parfaitement calme et mon cœur ne garde rancune à aucun de vous, quelque grave que soit l'ofYense que l'on m'a faite. Malgré mon indignité. Dieu me bénit d'une manière toute particulière, et je n'ai que des motifs de me réjouir, d'aimer et de faire du bien » *.
Dès cette époque, quelles contradictions! Et l'étrange illusion de croire que Dieu donne sa grâce aux orgueilleux ! En théorie, Luther savait parfaitement qu'i n'en est pas ainsi : « La pure vérité ne peut jamais coexister avec l'orgueil du cœur » 2. Mais chez lui, la pratique était fort difTérente de la théorie. Il était com^ plètement infatué de lui-même ; il savait que la prudence de notre sens propre est cause de toutes nos inquiétudes ; et, en i5i6, son expérience personnelle lui fait avouer que cette prudence l'a tourmenté et le tourmente encore au dernier point. ^ Or, la racine du sens propre, c'est la suffisance, l'orgueil. Et l'orgueil était si profond en lui qu'il en avait pratiquement perdu toute conscience.
1. « Binas ad vos direxi literas stupidas... Sed nunc pejora audio, quia idem ille homo passim me divulgat perjurum et infamem... Quid autem ad auctoritatem prsecipientis et requirentis ohedientiam ex me auditurus sit magister Nathin, suo tempore forte videbit... Ego optime sum quietus et pacatus animo erga vos emnes... » Enders, I, 17. Cette lettre est très importante, surtout pour peindre le caractère de Luther.