Voir ci-dessus, p. 878 (i5 avril i5i
IL NE s'appuie que SUR LUI 4^1
De fait, qu'écrit-il sur le quatrième chapitre de l'Épître aux Romains? « Dans ma folie. Je ne pouvais comprendre comment, après m'être repenti et confessé. Je devais m'estimer an pécheur semblable aux autres et ne me préférer à personne ; alors, en effet, je pensais que tout avait été effacé, même intérieurement » i. Je voudrais croire qu'ici Luther a parlé sur lui aussi faussement que dans les lignes précédentes il l'a fait au sujet de textes dé saint Augustin et du Pseudo- Ambroise^. Mais l'aveu répond trop bien au caractère de celui qui le fait ; il ne peut être que l'expression de la vérité. Il nous montre combien alors déjà, ou plutôt depuis fort longtemps, son orgueil était grand et profondément enraciné.
Dans les paroles que nous venons de citer, Luthét nous dévoile ce qu'avant sa chute était sa justice propre, sa manière de pratiquer la vertu. Par elle, il se plaçait parmi ces orgueilleux s'appuyant sur leurs propres œuvres, que nous le verrons bientôt nous décrire d'après sa propre expérience 3. Ces orgueilleux ont existé de tout temps, et dans les ordres religieux plus peut-être que partout ailleurs^. Ce qui est pis,
I. « Ego stultus non potui intelligere, quomodo me peccatorem similem cœteris deberem reputare et ita nemini me praeferre, cum essem contritus et confessus ; tune enim omnia ablata putabam et evacuata, etiam intrinsece ». Fol. i^li". [Ficker, fl, 1909]. Dans la suite, je reviendrai sur ce passage. [Gh. IV, % a ; t. lil, p. 37.
a. [Voir, ci-après, ch. IV, § i ; t. III, p. lo et suiv.]