Voir, ci-après, p. ^29 et suiv
h. Voici, par exemple, ce qu'au xiv' siècle écrivait le bénédictin Petrus Berchorius (Redactoriam morale super totam Bibliam, Venetiis, 1589, super Lucam, c. 18, p. i/i3) : « Illud prœcipue accidit in
c'est lorsque, poussés par leur orgueil et leur présomption, ces pharisiens sont incapables de comprendre qu'il y ait des âmes plus pures qu'eux, qui s'humilient devant Dieu et se regardent sincèrement et sans hypocrisie comme pécheresses. Ces orgueilleux, au contraire, attribuent leur état d'âme à leur prochain, et c'est ce que Luther a fait constamment : ils se flattent que tout le monde agit comme eux, afin de pouvoir condamner toute vie vertueuse, alors que la leur est la seule à être stérile, parce qu'elle a un ver à sa racine.
Par contre, combien de millions d'âmes ont regretté leurs fautes, les ont confessées sincèrement sans qu'il leur soit jamais venu à l'idée de se préférer aux autres ou de se poser pour justes ! Les directeurs d'âmes, les confesseurs sont témoins que plus le pénitent est contrit, plus il est éloigné de tout mouvement d'orgueil ; il se place en toute vérité au-dessous de tous ses semblables, ainsi que l'ont pratiqué et le pratiquent encore nos saints et leurs imitateurs. Repentir accompagné d'orgueil, voilà bien le digne pendant du mot de Luther : a La vraie chasteté est dans la luxure : plus la luxure est hideuse, plus la chasteté est belle » *.
Par ces paroles sur son repentir, Luther nous montre qu'il n'avait pas la moindre notion du repentir, de la
religione, ubi sunt quidam pharisaei, i. e. qui reputant se ceteris inagis justos, si vident aliquem publicanum, i. e. aliquem qui ante deliquerit, dato quod ipsum videnl pœnitentem et implorantem misericordiam, tamen ipsum soient contemnere et abomindiVi et se ei praef erre et eum detestari ; et tamen apud Deum magis diligitur iste non praesumptus propria; fragilitatis ; non crectus apud Deum magis quaiQ^aliusjeputatur. ». 1. Ci-dessus, p. 4o4.