IL IGNORE LE VRAI REBENTIR
componction. Et de fait, il avoue qu'ici Vexpérience lui fait défaut i. Pratiquement, il n'entendait rien au repentir qui enferme en lui la charité ; il le reconnaît lui-même en i5i8. La seule contrition qu'il connaisse est celle qui découle uniquement de la crainte des peines et de l'espoir d'une récompense ; bien plus, il faut dire qu'il ne connaît qu'une contrition exclusive de toute charité. Puis il veut voir chez tous cet état d'âme tout personnel 2, Ces confidences concordent parfaitement avec ce que, dès i5i5, il disait dans son Commentaire sur l'Épttre aux Romains 3. Celui qui.
I. Dans ses Dictées sur le Psaufter (Psaume 76, Weim., III, 549; de la première moitié de i5i4), Luther écrit : « Qui non est expertus hanc compunctionem et meditationem, nullis verbis potest hune psalmum docere. Inde enim et mihi diCRcilis, quia extra compunctionem sum et loquor de compunctione... Igitur quia mea compunctionis practica non possum, declarabo eum ad exemplum et ex practica b, Augustini. » Dans ces phrases, les théologiens protestants découvriront sans doute l'expression de l'humilité de Luther. Du moins le professeur W. Walther se chargera de défendre son père selon sa manière habituelle. [Ici, il n'a rien dit. Note du P. Weiss].
a. Weim, I, 821, 16 (i5i8) : « Soient dicere, quod contritio in charitate facta facit remitti peccata. Quod verbum nescio, si omnes intelligunt, qui tam fréquenter ipsum in ore versant : hoc scio, obscurissimum esse, nec a me aliquando intellectum. Hic vero invenias (si non vis mentiri) te non esse talem, sed potius velles ut prior vita liceret, quia sentis te omnino adhuc inclinari ad vitam priorem... Si recte perpendas haec dicta, facile dices, nullum hominem esse in mundo, qui hanc contritionem habeat, vel saltem paucissimos. Et de meipso conjiteor simiiia omnino. Et si vere ac libère velis confiteri, remoto Deo, pracepto, poena, gaudio, scio dices : « Si nuUus esset Deus, nullus infernus, certe vix peniterem ». Scio, inquam, talem esse tuam cogitationem, quantumlibet foris contritionem ostendas. » Sur ce point, voir ciiessous, chap. V, 5 ; t. III, p. 34^.