‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 269 sur 312 · Voir, ci-desous, p · texte numérisé non relu

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4a4 ORGUEIL DE LUTHER

par expérience, se croit obligé d'afïîrmer que la volupté, la colère et l'orgueil sont invincibles, ne peut, généralement parlant, que feindre le repentir ; il doit désespérer en entendant dire que l'infusion de la grâce se produit au même instant que l'expulsion des péchés. Il doit renoncer à l'espoir de travailler à son avancement moral ; il n'y a que les humbles à parvenir au sommet de la perfection. L'Église ne dit-elle pas, dans l'oraison du second dimanche après Pâques : « 0 Dieu, qui par l'humilité de votre Fils avez relevé le monde abattu 1 » ? Par sa vie, Jésus-Christ nous a tracé le modèle de notre conduite. A sa suite, durant tout le cours de l'année liturgique, l'Église nous enseigne à prier Dieu avec humilité ; à toutes les fériés du Carême et de la Passion, avant l'oraison pour le peuple, elle engage encore plus particulièrement les fidèles à s'humilier devant Dieu : Humiliez vos têtes devant Dieu 2, dit-elle, afin qu'après vous avoir purifiés du vieil homme, la grâce vous fasse arriver à la possession du mystère de votre salut 3, bref, afin que la grâce vous relève, après que vous vous serez humiliés.

Aussi loin qu'avec ses écrits l'on peut remonter dans sa vie, Luther se révèle constamment orgueilleux et présomptueux. Orgueil et présomption se montrent chez lui dès i5o9 contre Wimpheling, aussi bien qu'en

1. « Deus qui in hu milita te Filii tui jacentem munduiu erexisti. » Bréviaire, fol. iSg". Toutes ces oraisons se trouvent encore aujourd'hui dans le missel et le bréviaire romains.

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