OBSCURITÉ DE LUTHER
tence de l'Eglise du seul article de la justification par la foii. Car plus tard comme au début, il n'est jamais parvenu à se faire de la foi une idée juste et durable, et jusqu'à nos jours, la théologie protestante a conservé ce vice originel. « On discute toujours, avouait le théologien protestant Lechler, sur la partie positive du concept paulinien de la foi 2 ». Bien plus, en proclamant le a servage » de la volonté, Luther a fait de la foi, dans le processus de la justification, un pur non-sens, ainsi que nous le verrons plus loin 3.
Les citations qui précèdent, tirées du Commentaire sur l'Epître aux Romains, projettent une merveilleuse lumière sur l'assertion des théologiens protestants, que, (( dans sa détresse profonde », Luther a cherché la certitude du salut. Dans les premières années, ce fut plutôt le contraire qui eut lieu. D'ailleurs, il dit dans le même Commentaire : Ceux qui savent que celui-là seul est juste « à qui le Seigneur n'impute pas de péché )), « ignorent quand ils sont justes, car ils ne le sont que par Dieu qui les regarde comme tels. » Or (( personne ne connaît l'acceptation de Dieu », c'est-àdire, personne ne sait si Dieu le répute juste ou non : « On ne peut que le demander et Y espérer ». « On ignore si Von est juste ; mais l'on sait pertinemment que l'on est pécheur*. »
1. Voir E. Kalb, Kirchen und Sekten der Gegenwarl (Stuttgard, 1907), 118 ; Denifle-Weiss, II (1909), p. 26G.(N. d. T.).
2. Das apostolische und das nachapostolische Zeitalter, 3* éd., i885, p. 363.