JUSTIFICATION SIMPLEMENT COMMENCÉE
regarder comme péché « la convoitise contre Vesprit ou contre la loi divine )), la concupiscence comme coupable, comme nous l'avons déjà vu^ et comme nous le verrons dans le chapitre suivant 2. Bref, nous demeurons dans le péché ; vers la fin de son Commentaire sur le chapitre m'' de VEpître aux Romains, Luther affirme déjà clairement qu'ici-bas le péché n'est jamais effacé. Que devient alors la justification ? Il devait enseigner que le baptême ne nous justifiait qu'en partie, qu'il ne faisait que commencer notre justification ; nous n'étions pleinement justifiés qu'à la mort. « Lorsque nous demandons que la justice soit parfaite en nous, et le péché effacé, nous demandons par là-même la fin de notre vie 3 » , Ici-bas, la justification ne peut donc consister qu'en ce que Dieu nous regarde, nous répute comme justes, et non en ce qu'il nous rende justes. Par suite, les « œuvres préparatoires » sont celles que nous accomplissons quand nous sommes déjà justifiés, et qui tendent continuellement vers la justice [parfaite], afin que nous y participions de plus en plus ; ce sont déjà des œuvres de la foi et de la grâce. Toutes les autres œuvres ne sont que des « œuvres de la loi » *. Les premières ont pour but de détruire peu à peu le vieil homme 5. « Notre justification, écrit-il à la fin du troisième chapitre, ne se produit que peu à peu. Il nous suffît de détester le péché, alors même qu'il ne