CHAPITRE XIII
MENSOXGE DE LUTHER SUR ..V CONDAMNATION BU MARIAGE PAR LE PAPE. SON ENSEIGNEMENT DISSOLVANT AU SUJET DU MARIAGE
Pour les papistes, au dire de Luther, le vrai culte de Dieu n était possible que dans l'état religieux : d'après eux, SI l'on voulait être justifié, échapper à l'enfer et a la colère de Dieu, si l'on voulait expier ses péchés. 1 fallait fuir le monde et se retirer dans un couvent : les vœux étaient nécessaires au salut*.
De cette assertion, Luther conclut naturellement que le mariage était prohibé et condamné par le pape. '^ °
Ilécrivaiten 15.7 : « (Pour les papistes), ceux qui veulent s occuper de Dieu et des choses spirituelles ne doivent pas se marier; (on a) si bien détourné les jeunes gens du mariage qu'ils n'auraient plus qu'à se vautrer dans la fornication... On en est venu à faire croire que le mariage n'est un état ni chrétien, ni louable^. « „ Si Dieu n'y avait mis bon ordre, tomes les lemmes auraient voué leurs fils et leurs filles à la
.. Voir ci-dessus le ch. v, (t. I, ,3o et suiv.l- voir aussi I p. 273-274 et ci-après, p. 48. '' ' ''
a. Weim., XXIV, 55(1527).
LE MARIAGE PROHIBÉ, MAIS NON CONDAMNÉ l\I
« cléricature » ; (toutes se disaient) : je n'ai pas été chaste et vierge, mes enfants feront mieux que moi*. » Pour eux, le seul état de sanctification est l'état religieux ; dans le mariage, au contraire, on vit pour le mondes.
Evidemment, s'il en était ainsi, il n'y aurait plus place pour le mariage ; il faudrait le supprimer. Et si Luther voulait être conséquent avec ces assertions, il devait inéluctablement avancer cette autre erreur que non seulement l'Eglise prohibait le mariage, mais qu'elle le condamnait même comme anti-chrétien. De fait, il finit par y arriver. Mais, au début, son intérêt lui demandait de soutenir seulement que le pape avait prohibé le mariage, et non qu'il l'avait condamné.
Si. — Le mariage prohibé, mais non condamné par le Pape.
Lorsque Luther composait son ouvrage Sur les vœux monastiques, il avait notamment à montrer que c'était à tort qu'il était interdit aux moines de se marier ; le vœu de chasteté reposait sur la prohibition du mariage pour les moines ; or saint Paul flétrissait cette prohibition comme une apostasie. Comme preuve, Luther allègue le passage de la première Epîtreà Timothée 3, où saint Paul parle de ceux qui « dans les temps à venir abandonneront la foi », de ceux (( qui proscrivent le mariage et l'usage de certains ali-