‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 298 sur 312 · OPINIONS SÉVÈRES · texte numérisé non relu

OPINIONS SÉVÈRES

famille chrétienne. Cette vue explicite de la nature de la concupiscence semble, il est vrai, n'apparaître dans l'Eglise qu'au xt siècle ; mais l'opinion elle-même qu'en soi l'acte du mariage n'a rien de coupable, peut sans aucun doute se réclamer de saint Augustin : (( Dans l'acte du mariage accompli pour fonder une famille, dit-il, il n'y a pas de péché » ^.

Toutefois, même avec cette idée que de soi l'acte du mariage n'était pas mauvais, il y a eu dans l'Eglise deux tendances différentes.

Pour les uns, si dans cet acte Ton n'a pas d'abord en vue les enfants 2, si surtout on le pose alors qu'il ne peut être utile à la fondation de la famille 3, alors disentils, il y a là une déformation, légère sans doute, mais réelle : tandis que la fin de V œuvre est la procréation des enfants, la fin de l'agent est avant tout ou même uniquement la satisfaction de la concupiscence.

C'était là, dit-on, l'opinion la plus répandue jusqu'à la fin du xvr siècle ^ ; on la trouve notamment dans Estius 5. Elle se réclame de saint Augustin.

1. «Conjugalis concubitus generandi gratia non habet culpam.» Aug, De bono conjugali, cap. 6 ; Migne, Pair. LaL, t. XXXX,c, 677. Voii' aussi t. XLIV-XLV, c. (121. (De nuptiis et Concup., lib. I, cap. XI); t. XLIV-XLV, c. 816 {Contra Julianum, lib. V, cap. XVI),

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