‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 62 sur 312 · Erl. i8, 370-271 (i53i · texte numérisé non relu

Erl. i8, 370-271 (i53i

88 LES PRINCIPES DE LUTHER GO:STRAïRES AU MARIAGE

demeure après le baptême, le péché originel demeure aussi; il n'est que couvert, il n'est pas effacé. Or, puisque l'acte conjugal ne peut s'accomplir sans que la concupiscence soit satisfaite, il y a donc dans cet acte, selon les principes de Luther, un double péché : la concupiscence habituelle, c'est-à-dire le péché originel, et la satisfaction de la concupiscence ou concupiscence actuelle. Et de même que Dieu ferme les yeux sur le péché originel, il les ferme aussi sur l'acte conjugal qui a pour principe le péché originel subsistant en nous.

Cette idée que Dieu couvre le péché originel et ne nous l'impute pas, quoiqu'il subsiste, est l'une des plus grandes monstruosités du système de Luther. Car, ou Dieu hait le péché originel, ou il ne le hait pas S'il ne le hait pas, c'est qu'il n'est pas un péché ; mais s'il le hait, comment peut-il ne pas l'imputer à péché? Et comment est-il vrai que le péché originel soit remis dans le baptême ? Aussi longtemps que le péché existe, Dieu doit le haïr; donc, ou il doit le pardonner, mais si la haine est disparue de son cœur, c'est que le péché n'existe plus^, ou il doit le haïr. Un péché qui subsiste ne peut être considéré comme inexistant. Voilà la contradiction. Il ne sert de rien de répondre avec Luther que le péché existe, mais que Dieu le couvre. Dieu ne peut couvrir un péché qui subsiste; je le répète : il doit le haïr; s'il pardonne, c'est que le péché ne subsiste plus. Luther fait de

I. Sur ce point, Luther parle beaucoup plus logiquement dans son Commentaire sur VEpilre aux Romains, c. U, fol. ibl\ [Fischer, II, 126], quand il dit : « Nunquam remittitur omnino, sed manet et indiget non-imputatione ».

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