LES PRIÎJGIPES DE LUTHER COJÎTRAIRES AU MARIAGE
venu pour défendre pleinement l'honneur de l'état conjugal et il a montré cet honneur sous un jour tout nouveau ^ ! » Oui, Luther a montré le mariage sous un jour nouveau; mais c'est en lui enlevant l'honneur. Par contre, il est intéressant de voir au contraire comment KoLDE, comme nous allons le constater ci-après, conteste à Luther, et en général aux Réformateurs, Isl pleine connaissance de la vraie nature morale du mariage.
D'après la logique des principes de Luther, le mariage est illicite, puisqu'il estcoupable. Lorsque, selon son expression, l'on contracte mariage à cause de la « nécessité », l'on sait d'avance qu'on s'expose à un acte qui est toujours un péché mortel : « Pas de devoir conjugal sans péché ». Devant Dieu et sa conscience on ne peut donc contracter mariage, car on n'a pas le droit de « faire le mal afin qu'il en arrive du bien 2. » Des principes de Luther il résulte encore que le point de séparation établi par le Réformateur entre la vie conjugale et la fornication n'a de valeur que dans la doctrine catholique et non dans la sienne. C'est seulement d'après la doctrine catholique qu'un mari peut se dire avec certitude : « Dieu m'a donné une femme, avec qui je dois habiter » ; qu'une femme peut se dire avec certitude : « Dieu m'a donné un homme, avec qui je dois habiter 3. » Dieu ne saurait donner à un homme une femme avec laquelle il ne pourrait vivre maritalement sans péché, et inversement *. C'est