‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 68 sur 312 · CAS DE DIVORCE · texte numérisé non relu

CAS DE DIVORCE

Si dans le mariage on met en première ligne l'assouvissement de l'ardeur de la chair, d'instincts sexuels indomptables, c'en est alors vite fait aussi d'un autre bien du mariage, la fidélité et l'indissolubilité. De fait, Luther arriva promptement à en dépouiller l'union conjugale. En i53o, il se demande ce que devrait faire une femme qui ne pourrait avoir d'enfants de son mari, ou qui ne pourrait rester dans une continence où elle se trouverait condamnée malgré elle^. Il lui conseille de demander le divorce à son mari, afin de pouvoir se remarier. Que s'il s'y refusait, elle devrait alors avec son consentement, et puisqu'il n'était plus son mari, s'unir 2 à un autre, à son beau-frère, par exemple, mais toutefois en mariage secret; et l'enfant qui naîtrait ainsi devrait être attribué au premier mari. Si celui-ci ne voulait pas non plus consentir à cette combinaison : (( plutôt que d'admettre qu'elle dût brûler de désirs inassouvis ou être adultère, ajoute le Réformateur, je lui dirais de se remarier et de s'en aller en un lieu inconnu et éloigné. Quel autre conseil peut-on donner à qui est exposé sans relâche à succomber à la passion^? »

1. « Àut non possit continere ))(Weim., VI, 558, 22 : i52o, De captivitate Babyl.) ; et dans l'allemand de Luther. « Si un homme ne pouvait satisfaire suffisamment les ardeurs de sa femme, elle devrait en chercher un autre », Erl., 30, 60 ; Weim., X, P. II, p. 278, i5).

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