‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 78 sur 312 · Erl., 6, Zioi (i · texte numérisé non relu

Erl., 6, Zioi (i

3. Erl., tili, 67 (1537-15/40). On trouve encore plus de détails à co sujet dans Erl.; i5,457-/i5b.

l'immoralité III

leurs mères leur donnent des exemples du même genre 1 ». La pudeur, dit Luther, est en train de disparaître chez les femmes, « parce que selon les mères agissent les enfants, et que les servantes prennent modèle sur leurs maîtresses ». C'est très exact, et selon le Réformateur aussi agissaient les réformés, et parmi ces réformés, les mères de famille et les maîtresses de maison. Qui donc à l'époque a surpassé les grossièretés, les vulgarités, les obscénités, les outrages, les injures, les insolences et les accès de fureur dont Luther donnait l'exemple au monde et à ses partisans? 11 en est arrivé à se lamenter qu'autour de lui aucune classe de la société n'eût plus ni mœurs, ni pudeur • mais c'était à lui qu'il devait s'en prendre : c'était lui qui avait dépravé les siens. Les mauvais exemples corrompent les bonnes mœurs, et le mal est pire, quand une mauvaise doctrine s'y ajoute.

C'est par les témoins les plus dignes de foi que nous savons la décadence des jeunes gens et des jeunes filles d alors. Qu'il nous suffise d'en citer quelques-uns : « A peine sortis du berceau, écrit Jean Brenz en i532 les jeunes gens veulent aussitôt avoir des femmes • et des petites filles qui ont beau temps à attendre pour être nubiles, passent leur temps à rêver aux hommes 2,) Waldner écrit : « En fait de polissonnerie (c'est-à-dire de mauvaises mœurs), une jeune fille ou un garçon de dix ans en savent plus aujourd'hui qu'autrefois les

Page 1