‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 94 sur 312 · I. Opp. exeg. lat., VII (i5Ai · texte numérisé non relu

I. Opp. exeg. lat., VII (i5Ai

l34 CONSÉQUENCES DE LA REFORME DE LUTHER

rieure, alors que peu à peu il s'acheminait vers cette conclusion : « La concupiscence est invincible », pour en arriver ensuite à attribuer à tous sa propre impureté d'une manière plus brutale encore. Quelle influence de telles descriptions et de telles peintures devaientelles exercer sur la moralité publique ? Elles devaient mener non seulement au mépris complet de la continence, mais encore de toute sorte de pudeur ; après de telles descriptions, chacun pouvait se dire : Un homme chaste est l'être le plus malheureux du monde ; la chasteté est impossible ; pourquoi me préoccuper de la pratiquer ? Et c'est bien ce qui est arrivé. Le surintendant Sarcerius s'explique ainsi à ce sujet : a A dire vrai, de nos jours, nous autres Allem.ands, nous avons bien peu d'éloges à nous faire à l'endroit de la vertu de chasteté ; elle s'en va tellement que c esta peine si Von peut désormais nommer quelqu'un qui la possède. » Ceux qui aiment encore la chasteté sont en si fÊ petit nombre c qu'on en est frappé d'étonnement ou pour mieux dire saisi d'horreur ; et l'immoralité en tout genre s'accroît constamment sans honte et en toute impunité^. » Vers la même époque (i554), c'est précisément à la lutte contre le célibat des religieux que le recteur Conrad Klauser, de Zurich, attribue le mépris d'alors pour la chasteté et la continence °. Les protestants ne veulent pas reconnaître qu'avant tout c'est leur (( Réformateur » qui fut cause de cette décadence. Hs ne veulent pas admettre non plus que la déconsidération attachée aux prédicants luthériens, et dont

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