I. Von ciner Disziplin, etc., fol. Sg
a. De educatione puerorum. BasilesB, i55ii, fol, 76.
MÉPRIS DE TOUTE PUDEUR l35
Luther et les siens se lamentaient si fort, venait en droite ligne des attaques mêmes de Luther et des siens contre les prêtres catholiques et les religieux; c'est pourtant là un point qu'il est encore beaucoup plus facile de constater. La noblesse et le peuple ne faisaient aucune dilTcrence entre les prêtres et les prédicants. « La prêtraille est méprisée », disait-on, « non seulement sous la papauté, mais aussi sous le saint Evangile *. » On ne faisait non plus aucune distinction entre la chasteté monastique et la chasteté en général. Lorsque dès le début le peuple vit qu'on diffamait le célibat comme impur, sacrilège et impie, et non pas le célibat comme on le pratiquait çà et là, mais le célibat en général 2, il porta le même jugement sur la chasteté, d'autant plus que la même bouche trouvait bon de lui apprendre que, pour les papistes, célibat et chasteté étaient une seule et même chose, et que les impulsions de la nature étaient irrésistibles.
Une fois qu'a disparu le respect pour la chasteté en général, le respect de \di chasteté conjugale s' ^itinihi^ntôt lui aussi, et, dès lors, c'en est fait de la dignité du mariage. Et le mal s'aggrave encore s'il vient s'ajouter une doctrine relâchant les liens du mariage, avec
1. Ch. Marstaller. Der Pfarr- und Pfrûnd-Beschneiderteufel (Ursel, 1675), fol. A 5. 11 suffisait que le « curé » dît une chose pour qu'on fît le contraire. Erl., 6, 8.
2. Impunis, sceleratns, abominabilis cœlibatus furent les mots dont à partir de i5ai se servirent constamment Luther et les siens. Pour Luther, voir par ex. Enders, 111, a^i (i" nov. iSiai), 247 (n nov. i5ai), V, a8o (9 décembre i525); Opéra exeg. iat.» V (i53<)-i54o), 90. Bugenhagcn, Brismann et d'autres l'imitèrent.
l36 CONSÉQUENCES DE LA RÉFORME DE LUTHER
d'autres encore sur la liberté chrétienne et l'esclavage de la volonté, sur l'inutilité des bonnes œuvres, etc., en un mot toutes les théories que, peu à peu, Luther a , développées ! Et, de fait, dès lôaS, le <( Réformateur » I écrivait * : La liberté chrétienne veut « que devant Dieu toutes les choses extérieures soient à notre libre disposition, etqu'un chrétien puisse en user comme il j| lui plaît, s'en servir ou les laisser de côté. En efTet, saint Paul ajoute : « Devant Dieu » ^, c'est-à-dire en tant que cela regarde Dieu et toi. Car en te mariant ou en ne te mariant pas, en devenant ceci ou cela, serviteur ou indépendant, en mangeant ceci ou cela, tu ne rends pas service à Dieu ; et inversement, si tu abandonnes ou que tu ajournes l'une de ces choses, tu ne lui causes ni déplaisir, ni offense. En résumé : tu n'as d'autre devoir envers Dieu que de croire en lui et de le confesser. Pour tout le reste, il te laisse libre de choisir et de faire ce que tu veux, sans aucun danger pour ta conscience ; même si tu en venais à abandonner ta femme, si tu quittais ton maître, et si tu n'observais aucune de tes conventions. Dieu, pour ce qui le concerne, n'en aurait aucun souci. Car que tu fasses tout cela ou non, que peut-il en résulter pour lui ? » Ainsi, d'après Luther, Dieu ne s'occupe pas des fornications ou des assassinats que nous pouvons commettre ; de soi, il n'y a rien là qui le regarde. Il ne se rendait pas compte des conséquences d'une telle théorie ! Les
1. Weim,, XII, i3i-i3a, sur le chapitre vii* de la î" épître de saint Paul aux Corinthiens (iBaS).
2. I Cor., 7, 24 : « Que chacun demeure devant Dieu dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé ».