LE MARIAGE RÉSILIABLE AU GRÉ DES PARTIES
paroles de Jésus-Christ : « Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » ^ devaient pourtant le forcer d'admettre que Dieu voulait la fidélité entre époux. Dès lors (et abstraction faite de tout autre considération), comment peut-on s'arrêter à l'idée que pour celui qui commet un adultère, il ne s'ensuit pas par là même qu'il offense Dieu^?
Luther poursuit : « Mais parce que tu es lié à ton prochain dont tu es devenu la propriété, Dieu ne veut pas qu'à cause de sa liberté à lui, personne soit frustré de ce qui lui appartient ; il veut donc maintenir à ton prochain sa propriété. Car bien que, pour ce qui le concerne, il n'attache pas d'importance à cette propriété, il y porte toutefois de l'intérêt à cause de ton prochain. C'est ce que veut dire l'Apôtre par ces mots : « Devant Dieu ». C'est comme s'il disait : « Devant l'homme, devant ton prochain, je ne te rends pas libre ; car tant que lui-même il ne V aura pas libéré, je ne veux pas lui enlever son bien. Devant moi, au contraire, tu es libre de tout lien; que tu négliges ou que tu observes ce qui est extérieur, tu ne fais aucun mal. »
De tout cela il résulte nécessairement que si une femme rend la liberté à son mari (ou un mari à sa femme), ils sont libres aussi aux yeux de Dieu; dès lors, la séparation est devenue légitime! C'est donc avec raison que le célèbre Pistorius disait : « Ainsi, tous les péchés extérieurs dépendent uniquement de la volonté de la personne contre laquelle on agit ! Si cette personne est satisfaite, alors ni devant Dieu ni