LL'THER. !5I
Et nous déshériter du séjour éternel !
Monstre avide, à la inain sanguinaire, inféconde, Qui voudrait se gorger des dépouilles du monde; Qui du peuple écrasé dévore les sueurs; Et non content d'avoir épuisé nos labeurs, Couvert de sang, de feu, la fonatique Espagne, Absorbé les trésors de la pauvi e Allemagne, Veut encor nous ravir le plus gi-and de nos biens , La liberté d'esprit, ce sang des vrais chrétiens! Despotisme odieux , vrai fléau de la terre ! Vous appelez cela le règne du saint-père ! Et je l'api^eile, moi , le règne du démon ! Cardinal, vous voyez, il faut changer le nom !
LE CARDINAL
L'insolent hérétique !
LUTHER
Insolent , c'est possible !
Je ne me targue pas d'être un homme infaillible. Et peut-êlre'mon cœur 'est plus âpre, exalté. Qu'il ne convient au prêtre, à son humilité !... C'est possible,... Mais vous, hommes de politesse. Faites-vous tout le bieu qu'accomplit ma rudesse?
ISa LUTHEn.
Vous l'avez bien poU , ce diamant si pur
Que vous légua le Christ, et qui d'un ciel d'azur
Reflétait autrefois la divine lumière !
Vous l'avez obscurci , puis caché sous la terre !
Vous le foulez aux pieds, ce trésor immortel ,
Et bâtissez dessus votre tour de Babel !
La foi sainte n'est plus dans Rome lunatique !
Je suis vraiment chrétien ! Le pape est hérétique !