II
impiétë. Le seul moyen de les honorer, n'est-il pas d'imiter leurs vertus et de mettre comme eux notre confiance en Dieu seul ? »
Ëmser, Alveld, et un nommé Bachmann \ abbé de Altenzelle, répliquèrent vivement; mais Luther ne leur répondit pas. D'autres intérêts et d'autres périls réclamaient toute sa pensée; et si dès lors il se laisse encore engager dans des discussions contre des adversaires qu'il n'espère plus convaincre, c'est incidemment et sur des points secondaires. Nous n'avons plus à citer parmi ses écrits de cette époque qu'une réimpression de quelques traités du célèbre théologien Wessel, des méditations de Savonarole sur les Psaumes Ll et XXXI, et un petit traité polémique, mais édifiant, qu'il intitula : Jésus-Christ est un Juif de naissance^.
Ayant été par l'archiduc Ferdinand accusé en pleine diète de Nurenberg d'avoir nié la naissance surnaturelle de Jésus-Christ, il expose ses vues très-orthodoxes sur ce sujet, et en passant, il s'applique à relever les Juifs de leur abjection présente, et il recherche les moyens de ramener à la foi ce peuple qui le premier a reçu et transmis au monde les éternelles promesses de Dieu.
^ L'écrit de Bachmann est intitulé : Contre Luther, le sanglier savant qui cherche à renverser avec son groin la canonisation de saint Benno, Leîpz., 1524.
^ Dans sa préface, L. appelle Wessel un homme de Dieu, doué d'un esprit éminent; il ajoute : « Semblable au prophète Élie qui se croyant seul, désespérait et était las de la vie, moi aussi dans mes luttes contre les papistes, ces prophètes de Baal, je me suis cru seul et abandonné; voici, le Seigneur me montre qu'il a eu ses prophètes cachés dans ces temps de malheur. Si j'eusse connu plus tôt les écrits de V^essel, mes ennemis auraient dit que j'avais tout emprunté de lui. Ma joie et mon courage grandissent, » — Op., VII, W3 ss.
Savonarole écrivit ses méditations dans sa prison, peu avant son martyre* L. dit de lui : « Il y a bien encore à ses pieds quelque peu de cette boue de la théologie humaine, mais c'est un chrétien qui ne veut savoir que Jésus-Christ. L'Antéchrist a voulu éteindre son souvenir; mais Christ le béatifie aujourd'hui en dépit des papistes. » — Op., VII, 497 ss., 1523. -— ËaL., XXIX, 45 ss. ; X, 24 ss. — De W., II, 308, 45i.