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CHAPITRE IV

LES TROUBLES Â WITTENBER6 \

Vers la fin du mois de décembre (le 27), il arriva à Wittenberg des hommes inspirés d'un esprit singulier. C'étaient un tisserand du nom de Nicolas Storch, suivi d'un ouvrier de la même profession, et un certain Marcus Tbomâ Stùbner, qui avait étudié à Wittenberg sous Mélanchthon *. Ces hommes se vantaient de révélations merveilleuses. Dieu, disaient-ils, leur parlait en songes et en visions. Ils annonçaient que la réFormation de l'Église devait s'accomplir par un homme plus grand que Luther, que l'état de choses actuel allait être transformé, les gouvernements de ce monde renversés, les prêtres exterminés, tous les impies anéantis; que la fin du monde était proche, et que Dieu établirait bientôt son règne. L'ange Gabriel avait apparu à Ciaus Storch et lui avait dit ; « Tu t'assoiras sur mon trône. »

Ils enseignaient aussi « la voie par laquelle l'âme s'unit à Dieu » , la mort à soi-même, la contemplation, l'anéantissement du moi qui s'abime en Dieu, ne voulant plus rien, ne

> Db W. — Erl. — Walch. — Corp. Réf. — Cameraril'S , Vita Melanchthonis. — Spalatin, Annales, dans Mbmken, Seriptor. rer» Ger» Tnan.,%, — Bdrckardt, Luther s Brie fwechsel, — Seckenoorf. — Seidemakit, Thomas Mûnter, 1842. — Kôstlin, I.

* Il y a bien quelque confusion au sujet de ces noms. Mélanchtbon dit : « Claus kStorcli et deux de ses compagnons. » La plupart des auteurs distinguent Stiibner de Marcus Thoma. Rostlin les identifie. (Kôst., I, 799.) Voir C. R., I, 533, 538. — Gamerarius, Vita MeL — Sbidemann, Thom. Mûnter, p. i6.

sentant plus rien; reflet lointain de ces doctrines mystiques qui ont traversé le moyen âge et cherché le salut de Thomme dans le panthéisme. Ils ajoutaient que les choses d'ici-has ne servent à rien, que la Parole extérieure est vaine, que rhomme ne saurait être enseigné que par le Saint-Esprit, et que, si Dieu avait voulu se révéler aux hommes par TÉcriture, il leur eût envoyé du ciel une Bible toute faite. Ils repoussaient en outre le baptême des enfants, comme une chose impuissante, puisque ce baptême n'apportait pas l'Esprit avec lui.

Ces hommes venaient de la ville de Zwickau, voisine de la Bohême, où l'évangile de Luther avait pénétré de bonne heure et s'était promptement mélangé à des doctrines hussites. La population de cette ville, formée en partie de tisseurs de drap, avait été exaltée par les prédications de Thomas Munzer, homme d'une ardente imagination, qui ne rêvait rien moins que la transformation immédiate de la société, et ne devait plus tard reculer devant aucun moyen pour accomplir ses desseins. Munzer, çn arrivant à Zwickau comme prédicateur de l'Évangile, avait d'abord excité le peuple contre les moines; puis, s'étant séparé de son collègue Aegranus après de vives disputes, il s'était mis à la tête d'une troupe fanatisée à laquelle il avait fait croire que le règne des prêtres était fini, et que le Saint-Esprit ne parlerait désormais que par la bouche des laïques. L'illumination grandit avec la lutte; le nombre de ses adhérents devint considérable; ils s'organisèrent. Douze apôtres et soixante-douze disciples entouraient Munzer. Parmi ceux-ci ressortaient Glaus Storch, « un instrument illuminé de Dieu » , et Marcus Thomâ, qui, méprisant ses anciennes études, ne voulait plus d'autre guide que les inspirations divines.

Cette troupe d'illuminés troublant la ville, le magistrat congédia Munzer. Un soulèvement eut lieu ; les hommes les plus compromis furent jetés en prison, et Munzer se réfugia en Bohème. Une enquête conduite par le pasteur Haus-

mann, un ami de Luther, mit au jour leurs doctrines et leurs actes. Storcli refusa de comparaître et partit avec Stûbner pour Wittenberg, où il espérait trouver un accueil sympathique et des partisans.

Mëlanchthon, qui eut une entrevue avec eux, et qui donna même à Marcus Thomà une hospitalité dont celui-ci abusa, fut frappé de tout ce qu'il entendit. Son émotion fut si grande qu'il en écrivit le jour même à l'Électeur. « Ce ne sont pas, lui disait-il, des hommes à mépriser. Il est visible qu'il y a en eux un esprit dont personne ne peut juger que Luther. Si l'Évangile, l'honneur, la paix de l'Église sont en péril, il faut de toutes manières arriver à ce que ces gens puissent lui parler, d'autant plus qu'ils se réclament de lui. Je n'aurais pas osé en écrire à Votre Grâce, si l'importance de la chose ne m'y eût contraint. » — Amsdorf, de sens plus rassis, ne voulut ni les voir ni les entendre. « Je ne suis, dit-il, qu'un écolier dans l'étude des Saintes Écritures, et ces hommes parlent de choses inouïes, trop hautes pour moi. Il ne faut ni les croire ni les mépriser, mais écouter ce qu'ils disent et examiner leurs doctrines \ »

Ces nouvelles jetèrent le Prince dans une grande perplexité. Il ne se sentit ni le courage de rappeler Luther, ni la volonté de rien entreprendre contre ces doctrines étranges. « C'est là, dit-il à ses conseillers, une grande et importante afFaire. Comme laïque, je n'y comprends rien. Le bon Dieu m'a donné à moi et à mon frère une assez grande fortune. Eh bien! plutôt que d'agir contre Dieu, je préférerais prendre un bâton en main et quitter le pays. » — « Tous ceux qui étaient présents, dit Spalatin qui rapporte le fait, furent frappés et émus de ses paroles. Tel, ajoute-t-il, a été son cœur jusqu'à la fin de sa vie *. »

La modération de ce prince doit être d'autant plus remarquée, que ces doctrines lui étaient antipathiques, que ces

» Corp. Réf., ï, 533.

2 Sëgkekdorf, T, 193.

hommes, en se mêlant aax éléments de désordre qui déjà troublaient le pays, augmentaient par leur présence les ennuis de sa situation déjà fort difficile vis-à-vis de TEmpire et des autres princes de F Allemagne, situation qu'il ne maintenait que grâce à une prudence consommée et au grand éclat de ses vertus. Le duc Georges, son cousin, l'accusait en effet hautement de n'avoir pas pris des mesures sérieuses contre les novateurs. Dans une lettre au duc Jean, frère de i*Électeur (16 novembre 1521), il le plaignait qu'on voulût faire revivre les erreurs des Bohémiens, a à cause desquelles tant de milliers de Saxons avaient autrefois perdu la vie w . Il disait que les Augustins de Wittenberg avaient détruit la Messe sans que l'Electeur y eût mis obstacle; qu'on avait pro&né les reliques de saint Antoine, soutenu la légitimité du mariage des prêtres, repoussé toute religion, nié l'immortalité de l'àme, et que c'était la doctrine de Luther qui avait tout enfanté. Il priait donc le duc de porter l'Électeur à remédier à de si grands maux, ajoutant que lui, de son côté, y contribuerait de tout son pouvoir, cela d'autaut pliis volontiers qu'ils n'avaient tous trois plus longtemps à vivre. Puiâ, s'adressant directement à TÉlecteur, il lui disait qu'il se déshonorait en favorisant Luther, et qu'il exposait sa personne au danger, en le souffrant dans ses États. — D'un autre côté, les évéques de Meissen et de Mersebourg le suppliaient d'exécuter les ordonnances de la chambre impériale de Nuremberg, qui intimaient aux princes de l'Empire d'avoir à réprimer le scandale de l'abolition de la Messe et celui plus grand encore du mariage des prêtres* .

Luther fut promptement instruit par Mélanchthon et par Amsdorf de ce qui se passait à Wittenberg. Il ne fut pas un seul instant ébranlé à l'ouïe des merveilleuses révélations des nouveaux prophètes, et il répondit calmement à Mélanchthon :

1 Sbck., I, 219.

« Je ne comprends pas votre timidité, à vous qui me surpassez par TEsprit et par la science. D'abord, il ne faut pas recevoir d'emblée ces prophètes qui n^apportent |d'autrev témoignages que celui qu'ils se rendent à eux-mêmes^ Éprouvez les] esprits, suivez le conseil de Gamaliel. Tout ce. ce que j'apprends d'eux, de leurs paroles et de leurs actes^ Satan peut le faire aussi bien. Examinez donc, à ma place, s'ils peuvent prouver leur vocation. Jamais Dieu n^envoie un homme, fût-ce son Fils lui-même, sans lui donner vocation de la part d'autres hommes ou sans le faire connattr^e par des signes. Les prophètes, jadis, puisaient le droit 4e prophétiser dans une loi et un ordre établi, comme nous aujourd'hui. Donc ne les recevez pas s'ils se présentent au nom d'une révélation particulière et sans autre appel.

« Interrogez aussi l'esprit qui les anime. Voyez s'ils ont éprouvé ces détresses spirituelles, ces naissances divines^, ces morts, ces enfers. S'ils be vous parlent que d'impressions agréables, tranquilles, religieuses, dévotes, comme ils disent^ ne les croyez pas, quand même ils prétendraient être ravis au troisième ciel. Le signe du Fils de l'Homme leur manque.•• Youlez-vous savoir le lieu, le temps, la manière dont Dieu parle aux hommes ? Écoutez : « Il a brisé tous mes <os « comme un lion; je suis rejeté de devant sa face, et mon âme « est abaissée jusqu'aux portes de l'enfer. » Non, la Majesité Divine (comme ils disent) ne parle pas à l'homme immédiatement, en sorte que l'homme la voie, « car nul homme, dit- « elle, ne peut me voir et vivre » • Les songes eux-mêmes ^ les visions des saints sont des choses terribles... Faites donc l'épreuve, et n'écoutez même Jésus glorieux qu^après avoir vu Jésus crucifié. »

Yoilà pour la prophétie et les révélations particulièrea* Quant au baptême des enfants, un des points de la doctrine dés prophètes de Zwickau qui, plus tard avec les anabaptistes^ allait être le drapeau du radicalisme religieux et politique, Luther n'hésita pas davantage : « Us ne m'émeuvent nuUe-

ment. C'est à eux à prouver que le baptême des enficints n^est pas fondé sur la Parole de Dieu. Gardez Tantique usagée de rÉglise qui remonte aux temps apostoliques. Les enfants ne participent-iis pas aussi aux bienfaits de Jésus-Gbrist? et quand il étend ses mains pour bénir, ne les étend-il pas aussi sur eux? Oui, la foi est nécessaire pour Tacceptation du sacrement; et c'est à tort qu'on a cru baptiser les enfants sur la foi des parrains ou la foi de l'Église. Si l'Église intervient, c'est uniquement en suppliant Dieu, et en lui présentant les petits enfents auxquels il donne la foi en même temps que le baptême.» — Il ne va pas plus loin; il ne se demande pas ni comment la foi peut naitre cbez des êtres inconscients, ni si ce baptême correspond à Tacte de la régénération ; il s'en tient à cette pensée qui fut d'ailleurs celle de toute sa vie, que les enfants sont des membres vivants de l'Église et que, comme tels, ils doivent aussi « être saisis par Jésus- Christ » . Puis il ajoute : « J'ai toujours pensé que Satan nous ferait cette blessure; mais il n'a pas voulu nous la faire par les papistes. C'est parmi nous et entre nous qu'il soulève ce schisme si grave ; mais Christ le frappera et le mettra promptement sous nos pieds \ »

Et à Amsdorf : « Ne vous troublez pas si facilement. Vous avez pour vous l'Écriture. Éprouvez leurs esprits pour voir s'ils viennent de Dieu. Puis le Seigneur vous montrera ce cfu'il y aura à faire. Le fait même qu'ils se vantent d'être «m rapport avec la Majesté Divine m'est singulièrement suspect '• »

Cependant les prophètes gagnaient du terrain, leurs doctrines plaisaient à la foule excitée; un théologien, Martin Cellarius, fut gagué. Carlstadt séduit, et reconnaissant en eux l'esprit qui l'animait lui-même, précipitait le mouvement en se mêlant aux hommes qui fuyaient les églises et brisaient les images des saints. Il se vantait aussi d'avoir des inspirations

» De W., II, 124 88.

« De W., II, 124,

particulières et des révélations; il avait adopté le langage mystique de Mûnzer et parlait comme lui du « délaissement et de rimmobilité » qui conduit Tâme à la perfection. Les scènes tumultueuses se succédaient; les étudiants étaient démoralisés; un grand nombre d'hommes honnêtes et timides abandonnaient la Réforme, mère de tant de désordres; T Université, peu de temps auparavant si florissante, voyait ses élèves l'abandonner; les princes de TEmpire étaient menaçants; Télecteur Frédéric, revenu de son premier étonnement, songeait à des mesures de rigueur pour ramener à son devoir une population affolée. Les théologiens impuissants ou divisés entre eux, le magistrat, la ville, en un mot tout ce qu'il y avait à Wittenberg d'hommes honnêtes, demandaient à grand cri le retour de Luther. On lui écrivit, on le pressait, on conjurait l'Électeur de le rappeler '.

Quand il apprit toutes ces choses, il en fut blessé au fond de l'âme : « Toutes mes souffrances passées ne sont rien a côté de celles-ci. Jamais de ma vie je n'ai été si profondément atteint. » Il prit dès lors une résolution inébranlable. Voyant sa belle œuvre spirituelle compromise par des violences charnelles, son Évangile menacé par ceux-là mêmes qui devaient en être les soutiens, il n*hésita plus, et, quoi qu'il pût lui advenir, il prépara son départ :

(i Chaque jour, écrit-il à Spalatin, j'apprends des choses nouvelles et pires que les premières. Je reviens, si Dieu le veut, et je m'établirai n'importe où, à Witlenberg ou ailleurs; car il le faut. Ce ne sont point les prophètes qui m'émeuvent, mais les nôtres. Il ne faut pas que ces hommes soient mis en prison, surtout par ceux qui se vantent de nous appartenir. Que le Prince ne fasse pas attention à moi. Ah! s'il avait ma foi ou moi sa puissance! Nul doute que, sans tirer l'épée et sans répandre le sang de personne, nous ne réussissions à éteindre ces tisons embrasés et à nous rire

» Corp. Réf., I, 566.

d^eux. Le duc Georges, le plus malheureux de tous, agit dans ces affaires comme Dieu agira envers lui dans ses conseils sur les fils des hommes. C'est la haine qui le pousse, et il ne le voit pas ! Que Dieu Téclaire, s'il en est digne ! Je ne puis dire autre chose. Pour vous, faites en sorte que notre Prince ne souille pas ses mains dans le sang de ces hommes. Adieu, et priez pour moi *. »

En même temps il rédigeait, pour son église aimée de Wittenberg, une remontrance que son brusque départ T empêcha toutefois de faire parvenir à sa destination.

« Ces j novateurs, lui disait-il, s'en sont pris à la messe, «ux images, au sacrement, à toutes sortes de choses misé- Aables qui n'ont aucune importance, et ils ont laissé tomber ht' foi et la charité... Tout cela, sans doute, serait excellent, si nous avions tous la même foi, si la communauté entière y donnait son assentiment, si personne n'en devait être scandalisé. Mais il n'en saurait être ainsi. Nous ne pouvons tous «voir la science de Garistadt. C'est pourquoi nous devons &jre des concessions aux faibles ; sinon, toi qui es fort, tu eo>urras bien, il est vrai, mais le faible qui ne peut marcher du même pas que toi, périra.

« Dieu vous a donné sa Parole pure, et il a fait de grandes grâces à ceux de Wittenberg. Néanmoins je ne vois chez "VOUS aucune charité... Nous avons encore beaucoup de frères et de sœurs à Leipzig, dans le pays de Misnie, partout. Il faut aussi les prendre au ciel avec nous. Si le duc Georges eî plusieurs autres, troublés par ce qu'ils voient, sont irrités contre nous, il nous faut pourtant les supporter et tout espérer d'eux. Il est possible qu'ils deviennent meilleurs que nous ne sommes. On a commencé vite cette affaire, »purdi, purdiv , on y est allé à coups de poing. Gela ne me plaît nullement, sachez-le; et je ne veux avoir aucune part m. ce que vous faites. Vous avez commencé sans moi ;

îDe W., II,135.

continuez sans moi aussi. Ce que vous avez fait n^est pas bien, quand même Garlstadt dirait le contraire. Vous avez séduit une foule de consciences misérables... C'est le diable qui vousy pousse, afin de pouvoir calomnier la Parole de Dieu dans son premier essor. Il vous a jeté dans ces misères qui consistent à vous en prendre aux sacrements, a des questions de gras ou de maigre, afin que, tout entiers à ces choses de néant, vous perdiez votre charité, etc. *. »

Puis il écrivit à l'Électeur :

« Votre Grâce a fait chercher pendant de longues années des reliques en tous pays. Dieu a exaucé vos désirs; il vous a envoyé sans frais et sans peine une croix tout entière avec les clous, la lance et les fouets. Bénie soit, au nom de Dieu, la nouvelle relique. Seulement, que Votre Grâce ne s'effraye pas; qu'elle étende sans crainte les bras et laisse les clous s'enfoncer dans sa chair, qu'elle bénisse le Seigneur, et qu'elle reste joyeuse. C'est ainsi qu'il doit arriver à quiconque veut avoir la Parole de Dieu. Il ne faut pas seulement qu'Anne et Caïphe menacent, il faut encore que Judas soit au nombre des apôtres, et Satan parmi les enfants de Dieu. Que Votre Orâce soit prudente et sage, et ne se laisse pas conduire par la raison ou l'apparence des choses; qu'elle ne redoute rien. Satan n'est pas encore où il désire venir. Croyez-en un peu ma folie, ô Prince! je connais bien ces attaques de Satan et d'autres encore; aussi je n'ai point peur de lui, et cela lui fait mal. Tout cela n'est qu'un commencement. Laissez le monde crier et juger; laissez tomber ce qui doit tomber, quand ce seraient saint Pierre et tous les apôtres. Ils reviendront au troisième jour, quand le Christ ressuscitera. Il faut que nous accomplissions cette prophétie de saint Paul : Exhibeamus nos in seditionibus . {II Cor,, vi.) Que Votre Grâce daigne m'excuser; j'ai dû laisser courir ma plume; car le temps presse, et si Dieu le veut, je serai bien-

» De AV., II, 11».

tôt là. Que Votre Grâce ne se préoccupe pas de moi ^ » I/excellent prince lui fit aussitôt répondre qu'il acceptait d'avance bien volontiers toutes les peines que Dieu lui enverrait, qu'il ne savait que résoudre au sujet de Wittenberg où les choses allaient a d'une façon par trop singulière » ; mais qu'il était obligé de se soumettre aux lois de l'Empire , et qu'il le priait de prendre patience et de retarder son départ jusqu'à l'époque de la prochaine diète qui devait se réunir au printemps. En même temps il chargeait son conseiller Jean Oswald, bailli d'Eisenach, de lui répéter ses désirs et ses instructions. La lettre de l'Électeur parvint à Luther le dernier jour de février, la veille de son départ. Oswald arriva trop tard*.

» De W., II, 136. Fin de février.

2 Voir Seck., I, p. 216. — Walch, XV, 2376. Corp. Réf., I, 559 ss. — Seck., 44. — Luther reçut la lettre de TÉlecteur le vendredi 28 fév. — L'instruction d'Oswald est datée du 3 mars. Voir Kostlin, I, 801.

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