‹ L’Œuvre Sociale du P. L. MChapitre 10 sur 75 · RATES · texte numérisé non relu

RATES

Un exemple fera comprendre cette distinction.

Supposons qu’un train ait un parcours de 60 kilomètres à effectuer, que l’horaire fixe un temps de 1 h.5 pour ce parcours, que la vitesse possible du train soit de 60 km. à l'heure et qu’il parte avec un quart d'heure de retard.

S’il regagne les 15 minutes de retard, il aura fait le parcours en 50 minutes : la différence entre le temps fixé par l’horaire et le temps employé lui donnerait droit à une prime de 15 minutes.

Mais comme sa vitesse possible est de 60 km. il ne touchera en réalité que la prime correpondant à 60 — 50 — 10 minutes.

Le mécanicien en retard ne doit jamais dépasser Îles vitesses maxima qui sont fixées par les règlements suivant le type de la machine, la section parcourue et la nature du train : si la vitesse maximum est dépassée, le mécanicien n’a droit à aucune prime pour temps gagné.

La prime est fixée suivant la nature des trains à 0 fr. 20, O fr. 30, 0 fr. 50 ou 0 fr. 75 par minute : de plus, la prime de temps gagné croît pour certains trains rapides au-delà de 5 minutes.

IV. — La prime de parcours virtuel est déterminée en majorant Îles kilomètres parcourus en proportion inverse de la vitesse des trains : cette majoration peut être de 200 0/0. Seuls les kilomètres parcourus par les trains rapides, express et assimilés (trains de luxe, Malle de l’Inde, etc...) sont comptés sans majoration

CNT UE

(à l'exception de ceux circulant entre Saint-Jean de Maurienne et Modane).

La prime mensuelle des mécaniciens varie de 0 fr. 028 par km pour les 1.000 premiers kilomètres, à 0 fr. 040 par km au-dessus de 4.000 kilomètres.

V. — Une majoration de la prime de parcours, variant de 15 à 35 0/0 de cette prime, est accordée à certains agents d’après leur ancienneté.

Les comptes des primes sont arrêtés mensuellement. Il est garanti à tous les mécaniciens une somme correspondant à un minimum de primes mensuelles : cette somme est comprise entre 110 et 150 francs suivant la difficulté du service pour les mécaniciens effectuant un service de route (c’est-à-dire un service autre que le service des manœuvres de gare).

1 %k CES

Les primes de toute nature des chauffeurs (y compris les minima) sont fixées aux deux tiers de celles des mécaniciens.

Une prime spéciale est accordée aux mécaniciens affectés au service des trains rapides, express et assimilés qui, au cours d’un trimestre, auront assuré la conduite d’un certain nombre de ces trains sans avoir donné lieu à aucun incident entraînant l’arrêt de leur train, ni commis d'infraction contre la sécurité,

Son montant est de 15 0/0 du total des primes de

MR ee pere

traction acquises à chaque intéressé pendant le trimestre considéré.

Ces primes représentent une majoration importante du salaire. Quelques chiffres permettront de s’en rendre compte : ceux de 1900 et 1909 sont extraits d’un travail de M. Chabal sur la situation comparée des mécaniciens en 1900 et en 1909 « travail de Romains » a dit M. Noblemaire.

En 1900 comme en 1909 les mécaniciens sont répartis en 4 classes correspondant à des traitements de 3.000, 2.700, 2.400 et 2.100 francs. La modification de la répartition des agents entre les classes aux deux époques considérées fait ressortir le traitement moyen d’un mécanicien :

En 1900 à 2.388 francs.

En 1909 à 2.495 francs.

La moyenne des primes par agent ressort :

En 1900 à 836 francs, soit 35 0/0 du traitement.

En 1909 à 1.118 francs, soit sensiblement 45 0/0 du traitement.

Les plus fortes proportions relevées sont :

En 1900 des primes de 3.798 et 3.671 francs pour des traitements respectifs de 3.000 et 2.400 francs.

En 1909 des primes de 3.731 et 3.484 francs pour des traitements de 2.100 et 2.700 francs.

En 1913 les sommes consacrées aux salaires des mécaniciens et chauffeurs se sont élevées à 24.650.000 francs, en 1925 à 135.823.500 francs.

Ces deux chiffres se décomposent ainsi :

1913 1925 Salaires fixes ...... 15.735.350 101.108.873 PEÉLTIS MS CRT VA 6.538.578 25.372.256 Déplacements... 2.376.055 9.342.390

En 1925, un mécanicien de route moyen gagnait environ 16.922 francs, soit :

SIN EFRER Lib PEAR AS NE A RO OT . 8.942

ER TOR EE CS NE ME RE ET OR ARE Aer 3.269

PÉDIACEMENES RMS Re nee dure ut cut 976

Indemnités et suppléments divers .......... 3.735 +%

Des primes de même genre sont attribuées à des agents autres que les mécaniciens et chauffeurs : telles sont par exemple :

Les primes pour découvertes de rails avariés.

Les primes de manœuvre, qui ont pour but d’améliorer le rendement des gares de triage.

Les majorations de primes pour découvertes d’avaries, accordées à des agents chargés de la visite des machines dans les dépôts.

Diverses gratifications pour actes de probité, découvertes de fausses déclarations, etc...

$ 3. — Les gratifications. — La prime de gestion.

Ce système des primes est une première formule d’association du capital et du travail.

Il y en a une autre qui consiste à partager les bénéfices.

Depuis très longtemps la Compagnie P.L. M. affecte une partie de ses bénéfices d’exploitation à des institutions créées en faveur de son personnel, et le pourcentage des bénéfices affectés à ces < Œuvres Sociales > n’a cessé de croître tandis que celui des dividendes diminuait d'autant.

Pour obtenir de cette seconde formule les résultats qu’on en attend, il faut beaucoup de tact : dans un sentiment d’une haute valeur morale, les dirigeants du P. L. M. mettent en pratique ce principe : que c’est atténuer l'efficacité d’une œuvre sociale que d’avoir l’air d’en faire état. Aussi n’a-t-on guère songé à dresser le bilan de l'effort accompli dans cet ordre d'idées.

Est-il bon devant cette discrétion de soulever le voile qui dissimule les résultats de cet effort ? En tout cas on ne saurait hésiter à souligner la méthode qui les rend acceptables et qui consiste à ne pas aborder la question sociale sous l’angle un peu étroit d’un portefeuille entrouvert,

Enfin une troisième formule de partage a été réalisée en 1921 par l'institution de la prime de gestion, dont une partie revient au réseau, une autre au personnel.

M. Noblemaire avait déjà eu l’idée, en 1890, d’un partage du même genre: toujours précurseur, il

Page 1