‹ L’Œuvre Sociale du P. L. MChapitre 20 sur 75 · D HR · texte numérisé non relu

D HR

conforme aux intérêts bien compris des agents. Le travail ne durera jamais plus de 10 heures sans être coupé par un repos ininterrompu et prolongé. La durée des repos prolongés ininterrompus sera au moins de 10 heures dans les dépôts d’attache et de 7 heures en dehors de ces dépôts.

Le Ministre refusa de changer ses positions.

Voici des exemples de roulements de l’époque, hachés par les nécessités du service : le premier est repoussé par l’administration parce que la durée du travail, bien que discontinue, excède 12 heures ; l’autre parce que le repos ininterrompu est inférieur à 10 heures (les chiffres indiquent le temps du travail ou du repos ; les périodes de travail sont soulignées) :

Période de 24 h. considérée 16h. [9h.35 10h.25 4h.17 h. 35 puis 23h. à la résidence

11h.30/5 h. 10 7h.24 2h35 8h51] +3 h. 30 soit 12 h. 21 à la résidence

La circulaire du Ministre du 25 avril 1892 fut appliquée à l’ouverture du service d'été.

En 1894, après une expérience de deux ans, le Ministre des Travaux Publics — ce n’était plus le même qu’en 1892 — devait reconnaître :

1° que la règlementatiaon de 1892 n’avait pas la souplesse nécessaire pour en tirer une amélioration du travail en rapport avec les charges qu’on avait imposées aux Compagnies et à l'Etat ;

2° que la règlementation de 1892 donnait lieu à des réclamations de la part des mécaniciens et chauffeurs, l'obligation de faire tenir dans 24 heures la durée journalière du travail et le repos qui la suit contraignant les Compagnies :

a) à restreindre parfois la durée des repos pris au domicile,

b) ou à répartir sans utilité le travail entre un plus grand nombre d’équipes ;

3° que le maximum de 12 heures de travail sur 24 était excessif s’il était régulièrement atteint.

Tous ces inconvénients avaient été signalés par M. Noblemaire qui avait en outre proposé la règle des 72 heures par semaine au lieu de celle des 12 heures sur 24.

Cet exemple montre qu’en partant d’une idée simple, séduisante, dans le but d'améliorer la condition de certains travailleurs, on aboutit quelquefois à des résultats fâcheux aussi bien au point de vue social qu’au point de vue économique.

La réglementation élaborée en 1892 fut d’abord modifiée et complétée les 4 mai et 6 novembre 1894. Puis de nouveaux arrêtés sont pris les 4 novembre 1899 (2 arrêtés), 23 novembre 1899, 10 octobre 1901 et 20 mai 1902. Celui du 9 mai 1906 apporte à deux d’entre eux quelques modifications de détail.

Pendant cette période, entre les conceptions théoriques et absolues du Gouvernement et leur application par les Compagnies au service complexe des chemins de fer, l’opposition cesse. Les décisions sont éla-

borées en commun ce qui permet d'établir du premier coup et sans heurt un régime qui durera jusqu’à la guerre.

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