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signale à ses délégués. Sans la représentation, il ne peut pas les apprécier, faute d’une compétence suffisante. Encore moins peut-il y arriver au cours de réunions politiques ou autres, où ceux qui lui font beaucoup de promesses gratuites se gardent bien, s’ils s’en rendent compte eux-mêmes, de signaler tout ce qui empêche leur réalisation. Et l’on voit dans le système de la représentation un moyen d’apaiser les conflits, un moyen d'augmenter la confiance et l’entente nécessaires entre chefs et subordonnés.
Contre la représentation, on objecte :
1°. — Que c’est porter atteinte à l’autorité des chefs que de permettre la discussion de leurs actes par des subordonnés, et que c’est faire une petite brèche à la règle de la discipline, petite brèche qui aura tendance à s’élargir, si l’on n’y prend garde, comme toutes les brèches.
2°. — Que c’est vouloir supprimer la confiance entre les chefs et leurs subordonnés directs que de permettre à ceux-ci de présenter des critiques concernant le service aux directeurs ou aux chefs des grands services.
La première expérience de représentation du personnel des chemins de fer en France a été prescrite en 1901 sur le réseau de l'Etat par M. Baudin qui envisageait avec un certain optimisme les effets que pouvait avoir cette mesure :
« Je suis certain, écrivait-il, que l’esprit de discipline
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< ne souffrira aucun affaiblissement : il ne pourra « que s’augmenter encore en devenant plus réfléchi, « lorsque les agents sans être mêlés à la conduite de « l’exploitation, en verront de près toutes les difficul- « tés et prendront davantage conscience de leurs de- « Voirs. »
Après huit à neuf ans d’expérience, M. Millerand, devenu ministre des Travaux Publics, appréciait en ces termes l'institution :
« Un arrêté d’un de mes précédesseurs, en date du « 13 février 1901, a institué sur le Réseau des Chemins « de fer de l'Etat, des comités du travail ayant « pour mission de veiller à l’application de toutes les « dispositions législatives et réglementaires concer- « nant le travail du personnel... leur création. a pro- < duit les meilleurs résultats, »
Dans la même dépêche M. Millerand ajoutait que le moment lui paraissait venu de généraliser l'institution et demandait que cette extension fût étendue sur chaque réseau.
Les Compagnies avaient toujours attaché le plus grand prix à ce que les chefs de service se tinssent en contact avec leur personnel et établissent avec lui des relations de confiance réciproque. Elles acceptèrent cependant de tenter une expérience qui leur était courtoisement demandée. Des comités du travail furent organisés.
Les Compagnies s’inspirèrent de l’idée suivante :
faire en sorte que chaque délégué soit à même de: connaître les questions qu'il aura à traiter, pour qu’il