‹ L’Œuvre Sociale du P. L. MChapitre 47 sur 75 · I. — Placement direct par la Compagnie · texte numérisé non relu

I. — Placement direct par la Compagnie

Dès 1872, le Conseil d'Administration vote, en faveur des orphelins, un crédit qui permettait d’en placer cent dans des établissements choisis par la Compagnie. Le nombre de lits est porté à cent vingt-cinq en 1884, cent quarante-cinq en 1893, cent soixante-cinq en 1895, cent quatre-vingt-dix en 1898, deux cent-quarante en 1900. Le crédit s'élève à cette date à 72.000 francs (300 frs environ par enfant et par an).

La priorité est acquise en principe aux orphelins de mère, le but de l'institution étant surtout de venir en aide aux agents qui ne peuvent, en raison de leurs occupations, surveiller d’assez près leurs enfants.

Mais la Compagnie accueille aussi les demandes con-

cernant les orphelins de père lorsqu'il s’agit de situations comportant un intérêt spécial : grand nombre des enfants, mauvaise santé de la mère, modicité des ressources, etc...

La Compagnie prend à sa charge tous les frais du placement dans l’orphelinat.

Cette pratique n’est pas sans présenter certains inconvénients : on a constaté, en effet, et bien des témoignages de directeurs d’orphelinats sont venu corroborer cette opinion, que trop souvent les ascendants finissent par se désintéresser complètement de l’enfant ainsi secouru.

On peut se demander pourquoi la Compagnie qui s’est aperçue de bonne heure de ce fait n’a pas essayé d’y remédier. La substitution, en principe, d’une participation partielle aux frais d’hospitalisation, à la prise en charge de la totalité de ces frais, aurait un autre avantage : elle permettrait de venir en aide à un plus grand nombre d’enfants, car ce système créerait des disponibilités.

Cette réforme n’a pu être réalisée parce qu’on s’est rendu compte qu’elle n'aurait pas manqué d’être présentée comme un recul par certains orateurs qui auraient fait ressortir les inégalités résultant de l’impossibilité d'appliquer la nouvelle formule rétroactivement. C’est une tendance naturelle de ceux qui ne peuvent être bien informés, de croire volontiers qu'ils sont des victimes. Aussi le souci de ne pas donner prise à la calomnie empêcha-t-il le P, L. M. de modifier les vieilles pratiques.

Le placement est fait dans des établissements confessionnels, catholiques ou protestants. Tous les orphelinats catholiques de filles sont dirigés par les Sœurs de St-Vincent-de-Paul. Cette tendance est heureuse en raison de l'esprit d’abnégation des dirigeantes et de l'absence d’esprit de révolte dans leur enseignement.

En général ces enfants sont orientés vers l’agriculture ; parfois, vers treize ou quatorze ans, on les met en apprentissage.

La Compagnie ne perd pas de vue les enfants placés dans les orphelinats. Des inspecteurs vont vérifier les conditions d'hygiène offertes par les diverses maisons, la nature et la qualité de l’instruction qui y est donnée.

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