SES AGENTS EN SERVICE ET LEURS FAMILLES
Les institutions en faveur des agents en service seront divisées en cinq groupes.
1x : L’instruction professionnelle.
2° : Les secours en argent.
8"° : Les solutions données au problème du logement.
4% : Aides diverses en nature. Les mesures prises par la Compagnie pour permettre à ses agents de s’habiller, de se nourrir, de se chauffer, de circuler dans des conditions avantageuses.
5*° : L'aide donnée aux familles nombreuses.
$ 1. — L’Instruction professionnelle
Pendant la guerre, un certain nombre d’agents avait disparu. Après l’armistice, beaucoup prirent leur retraite ; les cheminots belges et serbes furent rendus à leurs pays ; puis, en 1919, la main-d'œuvre militaire fut libérée ; on vota la loi de huit heures. Pour combler les vides et pour appliquer la nouvelle réglementation du travail il fallut recruter en masse.
La proportion d’agents nouveaux inexpérimentés devint tout-à-fait anormale ; elle atteignait au 1° janvier
1920 75 0/0 de l'effectif ancien dans le service de l’Exploitation : il y avait trois agents inexpérimentés pour quatre agents anciens. Pour encadrer les agents nouveaux, on ne disposait pas, en nombre suffisant, de titulaires qualifiés.
Il faut ajouter que l’armistice amena dans tout le pays une sorte de crise de conscience, comme si les volontés trop tendues pendant quatre ans étaient devenues incapables d’un effort régulier ; la baisse du zèle et du dévouement qu’on constata alors s’est manifestée dans les chemins de fer par une série de grèves dont la plus grave, celle de mai 1920, dura près d’un mois (du 1 au 29 mai).
Les réseaux se rendirent compte de la nécessité de mettre de l’homogénéité dans leur personnel, de lui donner le sentiment de sa responsabilité et surtout de lui apprendre son métier.
Le système traditionnel consistait à laisser un agent se former par frottement en regardant faire son voisin plus ancien : « Pour le service des gares et des trains,
« disait M. Noblemaire, on peut admettre que la meil- « leure école est le service lui-même, par l’enseigne- « ment mutuel ». À ce système empirique fut substituée, à partir de 1920, toute une organisation d’instruction professionnelle : on part de cas simples et on envisage des hypothèses de plus en plus compliquées. On ne craint pas de distraire des agents de leur travail pour les consacrer à l’éducation du personnel ou pour leur permettre de se perfectionner eux-mêmes. Le vieux matériel est utilisé comme objet d'expérience.
Partant de ces idées, la Compagnie P.L.M. a organisé l’instruction professionnelle avec une méthode et une intensité inconnues jusqu’à ce jour. Voici un aperçu de ce qui a été réalisé dans le seul service de l’'Exploitation (1) sous l’énergique impulsion de M. Mugniot. Une distinction sera faite selon que l'instruction donnée a pour but d'apprendre aux agents ce qu’ils doivent savoir dans l’emploi qui leur est confié ou de les préparer à occuper un emploi supérieur.