francs en
(le Statut est appliqué le 1 Octobre 1920).
La progression s’explique par :
1°) — l’application de nouvelles échelles de traitements à partir du 1* janvier 1919 ;
2°) — l'application de la loi sur la journée de huit heures à la fin de 1919 et en 1920, qui a nécessité, on l’a vu, une augmentation sensible de l'effectif et par suite des salaires payés ;
3°) — les augmentations successives des traitements ou de leurs accessoires pour les mettre au niveau du prix de la vie.
On voit donc que les sacrifices que la Compagnie P. L. M. avait, dès l’origine, pris l'initiative de consentir en faveur de ses agents malades étaient comparables à ceux qui résultent actuellement du Statut,
Le texte du Statut qui vient d’être cité appelle une petite parenthèse : il spécifie que les salaires de maladie ne sont dus qu’à partir du cinquième jour de l'interruption du service. Cette restriction a constitué un remède très efficace pour un grand nombre de malades dont les médecins du Réseau n’arrivaient pas à améliorer l’état, et qu’on voyait revenir à la visite assez régulièrement : ils obtenaient un jour, deux jours de repos, et peu de temps après, se présentaient -de nouveau devant le médecin, sans que ce dernier soit à même de constater par des symptômes caractérisés la réalité de la maladie. Depuis l’application du Statut, cette catégorie de malades a presque disparu. Maintenant, le remboursement des salaires des quatre premiers jours de maladie ne peut être décidé que postérieurement au terme de la maladie, et il est accordé dans tous les cas de maladie sérieuse.
Le
En dehors des salaires de maladie, la Compagnie prend à sa charge le prix des médicaments et des fournitures médicales des agents malades dont le traitement, non compris les accessoires, ne dépasse pas 5.200 francs pour les agents sans charges de famille et 6.200 pour les autres et, très souvent, les frais d’hospitalisation,
$ 2. — Les Sanatoriums.
Dès avant 1903, la Compagnie P. L. M. s’était spé-
cialement occupée de lutter contre la tuberculose. Elle avait conclu des accords avec divers sanatoriums où ses agents trouvaient le moyen de se soigner.
Ces sanatoriums ont été choisis de manière à répondre aux besoins des diverses catégories de malades. Celui du Mont des Oiseaux qui devait changer de destination en 1907 était réservé aux agents classés des deux sexes et même parmi eux, à ceux ayant une éducation suffisante paur ne pas détonner dans le milieu assez relevé pour lequel avait été construit cet établissement.
Les agents embrigadés et leurs parents sont plutôt soignés dans les sanatoriums de Bligny (œuvre des Sanatoriums Populaires de Paris), de Fresnes, de Mangini à Hauteville, la maison de campagne installée à Héricy par les Sœurs de Saint-Vincent de Paul ou létablissement de San Salvadour créé, ainsi que le Mont des Oiseaux, dans une situation et dans des conditions d'établissement merveilleuses, grâce à la munificence d’un fondateur anonyme. — Bligny est réservé aux hommes, Héricy aux jeunes filles fatiguées, candidates à la tuberculose, San Salvadour aux enfants. Les femmes furent d’abord soignées à Fresnes, puis, à partir de 1905, dans les trois établissements de l'œuvre de Villepinte, beaucoup mieux installés, l’un à Champrosay pour les prétuberculeuses, l’autre à Hyères pour les malades du premier degré, le troisième à Villepinte pour celles gravement atteintes. Mangini, où l’on traitait à l’origine des malades des deux sexes, ne reçoit plus que les femmes.
La Compagnie entretient à Bligny six lits permanents. Pour les malades supplémentaires et pour ceux soignés dans les autres sanatoriums, le prix de pension était, avant la guerre, de 4 fr. par jour au Mont des Oiseaux, à Bligny et à Hauteville, 3 fr. 50 à Fresnes, 3 fr. à Villepinte, 2 fr. 50 à San Salvadour, 40 fr. par mois à Héricy. Il est monté, à la fin de 1926, à 20 fr. par jour à Bligny, 22 à Hauteville, 8.80 ou 11.50 à Villepinte, suivant que l’âge du malade est inférieur ou supérieur à 15 ans, 17 francs à l’Institut Hélio- Marin de la Côte d'Azur qui a remplacé l’établissement de San Salvadour.
Pour le paiement des frais, après plusieurs essais, on finit par généraliser le système du règlement direct par la Compagnie aux établissements ; la Compagnie se fait ensuite rembourser une partie des frais par l'agent, partie variable suivant ses ressources et ses charges, de manière à bien remplir le but indiqué par M. Noblemaire qui est d’assister, avec une somme donnée, le plus grand nombre possible d’agents.
La fraction des frais ainsi laissée à la charge de l’agent est un peu moins élevée quand le malade est l'agent lui-même que lorsqu'il s’agit d’un parent. A Bligny, par exemple, elle variait en 1914, pour les agents de 0 à 2 francs par jour et pour leurs parents de 1 à 3 francs.
La Compagnie admet que le remboursement des frais soit échelonné sur une période plus longue que la durée de la cure.
La gratuité est exceptionnelle.
Le nombre des malades auxquels la Compagnie est venue en aide depuis 1905 s’est maintenu entre 60 et 100 jusqu’à ces dernières années, pour monter à 137 en 1923 et 147 en 1925. Le nombre des femmes et enfants d’agents malades est sensiblement le triple de celui des agents.
En dehors des malades soignés dans les sanatoriums, la Compagnie vient en aide chaque année à un certain nombre d’agents atteints de tuberculose,
de
Le concours financier des Compagnies de Chemins de fer fut sollicité à diverses reprises pour aider une très belle œuvre de mutualité (1) : le sanatorium des cheminots.
L'idée avait été lancée en 1917 par l’Union Nationale des Cheminots ; divers concours, dont ceux des Compagnies de Chemins de fer et de l'Etat, permirent en 1918 l’achat d’un domaine à Ris-Orangis, puis son aménagement. En juillet 1921 le sanatorium était prêt à recevoir des malades ; il s’agissait de donner à l’œuvre les moyens de subsister,
Le problème se posait ainsi : sur le prix de revient d’une journée d’hospitalisation évalué à 20 francs, le sanatorium, pour bénéficier de l’aide de l'Etat, ne pou-
(1) En 1904, un groupe d’agents fondait la « Ligue P.L.M. contre la tuberculose » ; les cotisations dle ses adhérents permettent à la Ligue de verser des secours à ceux d’entre eux qui sont obligés de se soigner. La Compagnie y ajoute une somme qui est égale à la moitié de celle versée par la Ligue.
vait réclamer aux malades plus de 12 francs, prix de la journée d’hospitalisation à Jhôpital le plus proche (1). |
Sur cette somme on escomptait de l'Etat une allocation de 2 francs et de la collaboration de 12.000 cheminots sociétaires, la somme nécessaire pour amortir un franc de plus au moyen de leurs cotisations,
Départements et communes pressentis se dérobèrent en invoquant leur situation financière fortement obérée et en même temps la situation particulière des cheminots : pas de chômage et salaire régulier.
Restait une insuffisance de 5 francs par journée. Les Réseaux (à l'exception de ceux du Midi et de l’AIsace-Lorraine) acceptèrent de la prendre en charge. Comme ils convenaient d’autre part de régler directement au sanatorium les frais incombant à leurs agents, c'était en réalité une somme de 17 francs par iournée d’hospitalisation qu’ils s’engaigeaient à payer, sauf à en récupérer une fraction plus ou moins grande, mais en tout cas ne pouvant dépasser 12 francs dans les mêmes conditions que pour les autres sanatoriums.
L’accord conclu pour un an a été renouvelé régulièrement.
Diverses subventions représentant ensemble une centaine de mille francs ont été depuis allouées par le P. L. M. au Sanatorium des Cheminots pour l’aider à perfectionner ses installations.
(1) Loi du 7 septembre 1919, art. 3 et loi du 15 juillet 1893.