‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 100 sur 468 · îbid · texte numérisé non relu

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bon sens est le meilleur remède contre le trouble que causent de vides et vaines inventions. Mais Lucien est un sceptique qui se gausse de toutes les croyances traditionnelles, et si l'on passe en revue, comme nous l'avons fait sommairement, l'ensemble des témoignages antiques, on constate combien fut durable l'attachement des classes instruites aux superstitions héritées d'un lointain passé et quelle répugnance elles éprouvaient à faire table rase d'une tradition consacrée par la succession des siècles.

Les esprits des morts, nous l'avons dit, sont d'ordinaire invisibles, comme l'air qui les entoure i. Mais leur substance peut s'épaissir assez pour qu'ils acquièrent une apparence sensible. Leurs formes vaporeuses glissent silencieusement sous les pâles rayons de la lune ou dans « l'tobscure clarté qui tombe des étoiles ». Mais l'imagination des foules ne se contentait pas de fantômes aussi fugaces, entrevus dans la pénombre. ISeidôlon pouvait se montrer clairement avec l'apparence de l'être vivant 2, tel qu'il avait été à la fleur de l'âge, ou du moins au moment de sa mort, parfois légèrement défiguré par les flammes du bûchera Le peuple se figurait aussi que les spectres, étant des démons, pouvaient, comme eux, changer d'aspect à leur gré et emprunter la semblance de monstres terrifiants*. Leurs figures prodigieuses étaient propres alors à frapper les hommes d'épouvante ^«

Assimilés aux démons, les âmes désincarnées furent conçues comme possédant une intelligence supérieure à celle de l'homme, dont les facultés étaient obscurcies par son accointance avec le corps. On les supposait en particulier capables de prédire l'avenir ". Une vieille croyance, qui remonte à l'âge homérique, voulait que les mourants eussent la prévision des événements futurs. L'on expliquait que leur âme, se soustrayant à la matière, au moment où celle-ci cessait de la retenir, acquérait une faculté qui devait s'accroître encore lors-

1. Cf. sufra, p. 78 ; Symbol.^ p. 115, n. 3 ; Mages hellénisés, II, p. 277, note 4.

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