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CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES

généralement par tous ceux qui, comme Pline l'Ancien, niaient toute survie personnelle*. Les Lémures nocturnes paraissaient au scepticisme d'Horace, aussi risibles que les sortilèges des sorcières?', En outre cette erreur avait pour adversaires -certains Stoïciens 3, qui excluaient ces êtres malfaisants d'am monde ordonné par la bonté de la Providence. Entre les négateurs et les défenseurs des croyances populaires souvent les meilleurs esprits hésitaient et n'osaient se prononcer. Pline le Jeune écrit à Sura, personnage consulaire : « Je voudrais savoir si tu crois qu'il existe des fantômes, ayant une forme propre et quelque puissance, ou si leur inanité et leur vanité ne reçoivent ime apparence que de notre crainte »*. Mais ce n'est guère qu'une formule de déférence pour le jugement de son correspondant, car la suite prouve que l'épistolier est convaincu de la réalité de ce dont il affecte de douter. Plutarque ^ rapporte l'opinion de ceux qui prétendaient détruire ces abe;rrations; néfastes. « Ils affirment », dit-il, « qu'^aucuïi homme raisonnable n'a jamais rencontré de démon ou de revenant, mais que des enfants, des femmelettes ou des déments ont seulement été les jouets d'apparences monstrueuses et illusoires. C'est en eux-mêmes qu'ils portent le démon pernicieux de la superstition ». Mais Plutarque allègue que des témoins respectables, comme Dion et Brutus, attestent avoir été prévenus par un spectre de leur fin prochaine. Et l'historien se demande, sans oser trancher la question, s'il ne faut pas admettre; l'opinion des anciens, que les démons méchants et jaloux troublent les hommes de bien pour les empêcher de conserver une vertu parfaite, qui assureârait à ces sages infaillibles après la mort un sort meilleur que le leur. Lucien® met en scène une réunion de philosophes de diverses écoles qui disputent sur l'existence des démons et des fantômes : le Pythagoricien en est convaincu et assure qu'en, effet les âmes des morts circulent parmi les hommes et se^ montrent à qui elles veulent. Un autre prétend que seules les âmes de ceux qui ont péri par violence reviennent errier sur la terre, non celles des gens qui s'en sont allés à l'heure voulue par leur, destin. Cependant un troisième soutient que de toutes' ces inventions rien n'est réel', et Lucien lui-même, est d'avis qu'un robuste

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