Cf. Eenner, R. E., s. v. « Oneiros », ool. 447 ss
Parfois c'était tm dieu ou un héros, pensait-on, qui apparaissait pour communiquer au croyant des révélations ou injonctions ou prescrire des cures aux malades. Innombrables sont les dédicaces que le fidèle consacre somnio mofdtus, ex visu, y.ol'z ovap. Elles témoignent de la foi scrupuleuse des dévots qui ont cru devoir obtempérer à un ordre venu d'en haut, donné par ces puissances célestes qui commandent à leurs fidèles comme les monarques à leurs sujtîts 1. Mais même des visions en apparence indifférentes, pouvaient être envoyées par la divinité 2, et il fallait alors distinguer si elles étaient véridiques ou trompeuses, et en interpréter éventuellement la signification comme celle d'un oracle obscur. Ainsi était née dans l'anciepne Babylonie et en Egypte, puis avait été développée par les Grecs l'oniromancie, qui s'attachait à découvrir le sens de l'infinie variété de rêves, prétendument allégoriques, que les consultants venaient soumettre à la sagacité des devins 3. Les Oneirocritiques d'Artémidore de DaldiSj qui écrivait sous les Antonins, offrent le type le plus achevé de ces traités dont le symbolisme alambiqué et la subtile exégèse nous semblent souvent d'une puérilité extravagante. Un interprète sacerdotal des songes opérait officiellement dans les temples gréco-égyptiens*. Certains philosophes eurent beau dénier toute valeur religieuse aux manifestations oniriques et chercher à ces futiles illusions des causes psychologiques ou médicales^, la foule resta toujours convaincue que souvent elles étaient dues à une intervention des puissances célestes. Cette croyance était si fortement établie, si largement répandue, que les chrétiens même l'acceptèrent en quelque mesure, et l'oniromancie est le seul mode païen de divination que l'Église n'ait pas répudié ^ Aujourd'hui encore les « Clefs des songes » des disciples lointains d'Artémidore trouvent des acheteurs qui consentent à se laisser abuser par elles.
Mais, au lieu d'une divinité, ce peut être l'esprit d'un mort parlant et agissant comme s'il était encore de ce monde, qui s'offre à la vue d'à dormeur, lui
I. Cf. A. Nock, 'E5 èTtreaY'ric (J.H.S., 1925, XLV, p. 95 ss.)
2. Preisendanz, R. E., s. v. « Oneiropompein » ; Kenner, /. c, ool. 450.
3. Bouché-Leclercq, Hisf. de la divination, 1, 1873, p. zjy s. j Festugière, Hermès, I, p. 312 s. ; Hopfner, R. E., s. v. « Traumdeutung » (XII, ool. 2234 ss.).
4. Sur rov£îpojtpÎTr)ç cf. Egypte des astrol., p. 127 ss. ; Inscriptions de Dêlos, 2071- 2073, 2151. Cf. 2105 ss.