Cf. infra, ch. i, p. 19 ss
de spéculations d'époques diverses que l'antiquité a léguées au Moyen-Age, dont elles ont alimenté à la fois la théologie et la superstition, jusqu'au moment où l'écroulement du système géocentrique, en bouleversant toutes les idées sur l'ordonnance du cosmos, priva de son point d'appui une eschatologie qtii en dépendait indissolublement. Lorsque la terre cessa d'être le centre de l'univers, seul point fixe entouré par les cercles mouvants des cieux, pour devenir une pauvre planète tournant autour d'un astre, qui lui-même se meut dans l'immensité insondable parmi une infinité d'autres, l'idée naïve que les anciens avaient conçue du voyage des âmes dans un monde étroitement borné devint inacceptable et le progrès de la science en discréditant la solution erronée que nous avait léguée l'antiquité, nous a laissé en présence d'un mystère que ne soupçonnaient point les mystères païens.