I. — La vie dans la tombe
Cicéron abordant dans ses Tusculanea ^ la question de l'immortalité de l'âme, invoque tout d'abord en sa faveur le fait qu'on y a cru de toute antiquité. Si les premiers Romains n'avaient pas été convaincus que l'homme au sortir de cette vie n'était pas anéanti et que tout sentiment n'était pas éteint dans la mortj on ne s'expliquerait point, dit-il, les prescriptions du vieux droit pontifical et les cérémonies célébrées sur les sépultures, dont la violation était regardée comme un crime inexpiable. Cette observation est d'un esprit très judicieux. Chez tous les peuples il subsiste dans les rites funèbres, dans les coutumes du deuil, imposés par la loi religieuse ou par la tradition, des usages qui dérivent de conceptions archaïques de la vie d'outre-tombe, et qu'on continue à pratiquer sans plus en comprendre la signification primitive. L'érudition moderne s'est attachée, parfois avec succès, à les élucider en s'aidant des
I. Nature et survivance de l'âme : Les idées exposées par Rohde, Psyché, ont été critiquées par Otto, Manen (igz-],); cf. Niisson, Gr. Rel., I, p. i6os. ; R.E., s. v. «Manen», t. XIV, 1051-1060 ; Jacobsen, Mânes (1924) ; Bôhmer, Ahnencult (1943).