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CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES loi

découverts dans la vallée du Nil, et même les écrits astrologiques originaires de ce pays, montrent quel crédit la crédulité d'xm peuple superstitieux accordait à une forme délictueuse de la magie, d'autant plus recherchée qu'elle était plus occulte ' . L'on y voit aussi quelle terreur inspirait la vue des spectres, troupe exsangue et gémissante qui glaçait d'effroi celui qui la rencontrait la nuit sur son chemin. Il n'est donc pas surprenant qu'Apulée ait fait intervenir l'égyptien Zatchlas, « prophète de premier ordre », dans une scène d'évocation introduite dans ses MétaMorphoses^ . Une femme est accusée d'avoir empoisonné son mari. Comme elle proteste de son innocence, on fait appel à la science du prophète pour ranimer le cadavre et rendre une lumière momentanée à des yeux fermés pour l'éternité. L'opérateur, comme il sied à im prêtre d'Isis, est vêtu d'une tunique de lin, chaussé de sandales de fibre de palmier, et a la tête entièrement rasée. Il place une herbe sur la bouche du mort, une autre sur la poitrine, et se tournant vers l'Orient, adresse à voix basse une incantation au Soleil levant ; et par cette mise en scène spectaculaire il augmente chez les assistants l'attente du miracle. Le corps se lève sur son lit ; le jeune homme se plaint d'avoir été arraché au Styx et supplie qu'on le laisse en repos. Mais Zatchlas le menace des pires tortures s'il ne répond pas. La victime confesse alors avoir succombé aux artifices criminels de sa nouvelle épouse, qui lui a fait vider une coupe empoisonnée, afin qu'un séducteur pût prendre sa place dans le lit encore tiède.

C'est en Egypte que se place la scène de nécromancie décrite dans un autre roman, les Èthiopigues d'Héliodore^ qui, notons-le, appartenait à une famille sacerdotale d'Émèse en Syrie. Un combat a été livré à Memphis, une vieille femme a eu un de ses fils tué, elle ignore le sort de l'autre et vienfc interroger le mort. Le .troisième jour après la pleine lune, au lever de l'astre nocturne, elle creuse une fosse, fait flamber un feu de chaque côt'é et verse, à l'aide de cratères d'argile, des libations de miel, de lait et de vin. Elle modèle ensuite une poupée de pâte, la couronne de laurier et de fenouil et la jette dans le trou ; puis brandissant un glaive, agitée d'une fureur divine, elle adresse à la lune, avec des mouvements désordonnés, une prière en langue barbare, et se tailladant les bras, asperge le foyer de son sang avec un rameau de laurier. Enfin, se penchant vers le cadavre elle lui murmure une incanta-

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