CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES loj
goriciens et stoïciens. Il est indubitable qu'il connaissait les pratiques des magiciens, soit pour les avoir consultés, soit pour avoir étudié leurs livres, et il nous fournit même une sorte de systématisation et de synthèse de leurs préceptes disparates.
Rien ne nous révèle mieux la puissance attribuée à la nécromancie que la répétition des lois sévères qui Tinterdisaient*. Poursuivre avec une rigueur implacable le recours à cette magie criminelle était admettre implicitement la réalité de son pouvoir. Comme ses adeptes, menacés des peines les plus graves,, ne pouvaient la pratiquer que furtivement à la faveur de la nuit, elle était pour la foule un art mystérieux entouré du prestige qu'fc»n prêtait alors aux révélations ésotériques et aux sciences occultes. L'on vit les empereurs euxmêmes user, comme Caracalla, de ces procédés secrets d'une thaumaturgie que leur législation condamnait 2. La crainte du châtiment suprême ne suffisait pas à en détourner ceux qui avaient confiance en son efficacité. Tant qu'on admit la possibilité de contraindre les esprits des morts à seconder les desseins, même inavouables, du magicien, à coopérer avec lui à des oeuvres néfastes, la nécromancie fut indestructible. Elle faisait appel à trop de passions humaines pour n'être pas entendue. Ceux qui, ballotés entre l'espérance et la crainte, poussés par l'aiguillon de l'ambition, étaient obsédés du désir anxieux de pénétrer les secrets de l^avenir, recouraient à ces colloques avec les trépassés, dont on attendait des réponses plus clai,res et plus directes que celles des oracles souvent ambigus. D'kutres, torturés par un amour malheureux, pensaient, grâce à rintervention des esprits, inspirer une ardente passion à celui ou. à celle qui les repoussait. Mais surtout en invoquant certains morts, devenus des démons maléfiques, on espérait assouvir sa vengeance sur un ennemi détesté, livrer aux pires supplices le persécuteur dont on avait à souffrir, condamner au trépas le rival dont on voulait se défaire. Les cérémonies nocturnes qui provoquaient l''apparition des fantômes, séduisaient les esprits enclins à subir l'attrait du merveilleux, et il n'est aucun effet prodigieux que leur imagination n'attendît d'un pareil secours : on voit invoquer un spectre pour qu'ail rende l'opérateur invisible comme lui s.
Le déchiffrement des papyrus magiques a fourni une foule de notions précises sur les pratiques des nécromants et permis de confronter avec les usages