‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 113 sur 468 · Preisendanz, R. E., s. v. « Nekydaim s · texte numérisé non relu

Preisendanz, R. E., s. v. « Nekydaim s

réels les fictions plus ou moins imaginaires des romanciers et des poètes. Notre information, suffisamment complète, nous permet de distinguer divers stades dans le développement d'une superstition, qui remonte aux âges les plus reculés.

La nécromancie n'a jamais éliminé la vieille croyance que le mort habite le tombeau. C'est en agissant près de celui-ci qu'on fera apparaître l'ombre dont il est la demeure. Il suffira d'invoquer deux exemples pour montrer la persistance de cette idée à travers les siècles. C'est sur le tombeau de Darius que, suivant Eschyle, sont offertes les libations qui en feront sortir le spectre du roi (p. 99) et Horace assure que les sorcières venaient encore la nuit aux Esquilles, là où se trouvait le cimetière des pauvres, et y versaient dans un trou, creusé parmi les sépultures, le sang d'une agnelle noire « pour attirer les Mânes qui doivent leur donner une réponse » 1, Le magicien, « dont l'affreux murmure et les paroles impérieuses torturent les dieux supérieurs et les Mânes », ont le pouvoir de faire sortir l'ombre du tombeau ou de l'y enfermer, les accablant ainsi sous le poids de la terre et les tenant comme enchaînés dans leur étroite prison*-.

Plus féconde encore en conséquences fatales est la longue survivance de l'antique conviction que l'âme reste attachée par des liens mystérieux au corps qu'elle a quitté ^ car cette connexion supposée a inspiré tous les rites de magie sympathique qui requièrent, nous le verrons, la possession d'un morceau du cadavre. Elle explique aussi qu'on pensait pouvoir ranimer plus facilement la dépouille inerte d'un homme récemment décédé et obtenir de lui des réponses plus intelligibles*. Son âme ne s'était pas encore fort éloignée, on pouvaif la rappeler plus aisément que si elle était déjà descendue au fond des Enfers, et elle s'y prêtait avec moins de peine. Cependant déjà à l'époque homérique on invoquait les ombres vivant dans l'Hadès, et les formules des magiciens révèlent clairement que telle était la puissance qu'ils s'attribuaient à toutes les époques*. La croyance à la survie dans la tombe et celle de la descente dans les Enfers étaient différentes par leur origine et éloignées par leur caractère. Mais dans la pensée des nécromants elles s'étaient

I. Horace, Sat.y I, 8, 28. — Cf. Suidas, s. y. ^\iya.ytxi^ÈX ; Ammien Marc, XIX, ï2» 13 ; Olympiodôre, In Phaed., II, p. 166 Norviti. z. QuintiUen, Declam. X (De sepulcro iacantato), ch. 7-8.

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