I. — Variations de l'Académie, d'Aristote et des Stoïciens
Dans notre premier chapitre nous avons rappelé quelles étaient les anciennes croyances sur la persistance de la vie dans la tombe, la descente des ombres aux Enfers et l'évocation des morts. Nous allons essayer d'exposer maintenant comment ces vieilles idées furent attaquées et discréditées par la critique philosophique.
Polybei, appréciant la religion des Romains, les loue d'avoir inculqué au peuple des pratiques superstitieuses et des fictions tragiques : c'était, pensait-il, un excellent moyen de le maintenir dans le devoir par la crainte des Enfers. D'où l'on voit que si l'historien trouvait bon que la foule crût à ces chimères, les esprits éclairés, comme ses amis les Scipions, ne devaient y voir, selon lui, que les stratagèmes d'ime politique prudente. Mais le scepticisme d'un cercle restreint d'aristocrates ne pouvait y rester longtemps confiné. A mesure que les idées helléniques se propagèrent plus largement, il gagna de proche en proche des partisans de plus en plus nombreux.