‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 119 sur 468 · I. Polybc, VI, s6j · texte numérisé non relu

I. Polybc, VI, s6j

no LUX PERPETUA

La philosophie grecque s'était de bonne heure attaquée aux idées traditionnelles sur la vie future. Déjà Démocrite *, précurseur d'Epicure, avait parlé de ceux qui « ignorant la dissolution de notre nature mortelle, mais ayant conscience de la perversité de leur vie, passent leur temps dans le trouble et la crainte et se forgent des fables mensongères sur le temps qui suivra leur fin ». Au ïv^ siècle, il est vrai, comme nous l'indiquerons ailleurs (p. 148), Platon, fut conquis par la doctrine pythagoricienne de l'immortalité céleste, et offrit, sinon une démonstration rigoureuse de la survie de l'âme, du moins des raisons suffisantes de l'admettre à ceux qui désiraient en être convaincus. Avant de se donner la mort, Caton d'Utique relisait quelques pages du Phédon. Mais par un singulier revirement, l'école fondée par le grand idéaliste qu'invoquèrent à travers les âges tous ceux qui crurent à une persistance purement spirituelle de l'âme, ne tarda guère à ébranler cette conviction religieuse, comme toute les autres. Au me siècle Arcésilas, « scolarque » de l'Académie, se posant en adversaire du dogmatisme stoïcien, prétendit rester fidèle à l'esprit de Socrate et de Platon en formulant le principe d'un scepticisme absolu*. Entre les thèses opposées, que l'on peut pareillement défendre ou réfuter, la seule attitude raisonnable de l'esprit est l'abstention. Carnéade (214-129) pour échapper à l'objection qu'une pareille négation de toute certitude de la connaissance ne permettait de prendre aucune décision et rendait impossible la vie pratique, compléta la doctrine de la Nouvelle Académie par la théorie du probabilisme, qui fournissait un motif suffisant de faire un choix'. Mais il n'abandonna pas la position prise par son prédécesseur ; au contraire sa dialectique subtile multiplia contre les Stoïciens les arguments en faveur du scepticisme. Cependant sa polémique contre le Portique lui fit prendre sur certains points essentiels une position très nette. Il niait l'existence des dieux, la conduite du monde par une Providence bienfaisante, aussi bien que toute possibilité de prédire l'avenir par la divination. On conçoit qu'une école qui recevait de tels maîtres son inspiration devait s'abstenir de toute affirmation sur la destinée de l'âme dans un autre monde, d'autant plus que Platon l'avait surtout imaginée dans des mythes qui ne prétendaient répondre exactement à aucune réalité et ne s'accordaient guère entre eux.

On se rappellera qu'envoyé conune ambassadeur à Rome, en 156, Carnéade

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