Polybe, l, I ; I, 4, I ; I
3. Edw. Bevan, Stoïciens et Sceptiques (trad. Baudelot), Paris, 1927.
4. Sénèque, De const. sap., i : « Ut supra fortunam emineat » ; cf. Epist. 120, 12. S- Montesquieu, Esprit des Lois, XXIV, 10.
6. Stoïcisme, cf. Zeller, Phîl. Gr., III, i^^^ fH-ie : Barth, Die Stoa, 5^ éd., par Goedeckineyer, 1941.
grand Tout. Cette vie cosmique est conçue comme formée d'une série infinie de cycles exactement semblables : périodiquement les quatre éléments sont résorbés dans le plus pur d'entre eux, le Feu de l'intelligence, nOp voepov, pour se désintégrer de nouveau après cet embrasement général.
De même notre organisme vit^ se meut et pense, grâce à une particule détachée de ce principe igné qui pénètre toutes choses. Comme ce principe s'étend jusqu'aux extrémités de l'univers, ainsi notre âme occupe le corps entier où elle se loge. Le panthéisme du Portique conçoit Dieu comme matériel ; il en est de même de la raison qui nous régit, laquelle, suivant la forte expression d'Epictète, est « un fragment détaché de Dieu » *. Elle est définie comme un souffle chaud, semblable à la partie la plus pure de cet air qui par la respiration entretient la vie, et congénère de l'éther ardent qui nourrit l'éclat. des astres. Ce principe vital maintient et conserve l'individu^ comme l'âme du monde, reliant ses diverses parties, l'empêche de se dissocier. Toutefois cette action n'est de part et d'autre que temporaire ; les âmes ne peuvent échapper au sort fatal qui s'impose à l'ensemble dont elles ne sont qu'une parcelle infime. A la fin de chaque période cosmique la conflagration universelle, Vecpyrosis, les fera rentrer dans ce foyer divin dont elles sont toutes issues 2. Mais si, les astres reprenant un cours identique, le cycle nouveau qui recommencera doit reproduire exactement celui qui l'a précédé, un jour une « palingénésie » donnera à la même âme, douée des mêmes qualités, une même existence, dans le même Corps formé des mêmes éléments, sans qu'elle puisse pour autant se souvenir de sa vie antérieure.
Telle est la limite maximum de l'immortalité que peut concéder le panthéisme matérialiste du Portique, issu de celui des religions de l'Orient. Mais il s'en faut que tous ses docteurs fussent d'accord pour l'accorder. On a été frappé depuis longtemps par les variations de l'Ecole sur un point qui nous paraît d'une importance capitale. Si Cléanthe admit en effet que toutes les âmes subsistaient ainsi des milliers d'années après leur bref passage sur la terre jusqu'à Vecpyrosis finale^, pour Chrysippe au contraire, celle des sages participait seules à cette immortalité restreinte*. Pour la conquérir il fallait qu'elles eussent trempé leurs forces en résistant aux passions. Débiles, si elles s'étaient laissé vaincre dans la lutte de cette vie, elles succombaient aussi
I. Epict. ï>iss. I, 14, 6 ; II, 8, 11 : 'A7c6(Jitao[i.a tou QeoO. a. Cf. p. ex. Sénèque, Consol. Marc, fin.