‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 143 sur 468 · Cf. înfra, ch. V (Mystères · texte numérisé non relu

Cf. înfra, ch. V (Mystères

5 Callimaque, Epigr., 13 = Anthpl., VII, 524.

°- Catulle, V, .4 : « Soles occiderc et redire possunt / (Nobis, cum semel occidit brcvis ^^x /, nox est perpétua una dormienda. »

grecque, on sera frappé de la proportion minime d;'entre elles qui font allusion aux récompenses ou aux joies d'outre-tombe. Il n'en est pour ainsi dire jamais question à l'époque hellénistique. La plupart dte ces morceaux se bornent à vanter les mérites inoubliables diu défunt, à exhaler les regrets que cause sa perte, à se plaindre de la cruauté du destin inexorable imposé aux mortels. Pour citer un exemple épigraphique, la longue épitaphe d'un mercenaire Cretois décédé à Gaza se termine simplement par un rappel trivial du chemin de l'Hadès commun à tous^. Lorsque par exception cet Hadès est mieux défini, il est le gouffre sombre qui engloutit les générations humaines et d'où nul ne remonte à la lumière. Les épitaphes latines versifiées, qui s''inspirent de celles des Alexandrins, en partagent d'abord le triste pessimisme, et c'est tardivement qu'on voit se multiplier peu à peu celles qui expriment des espérances plus consolantes '^ Au siècle d'Auguste le scepticisme n'avait pas gagné seulement les cercles des littérateurs et des philosophes ; dans une large portion de la population la croyance religieuse à une rétribution dans T'au-delà était ébranlée comme toutes les autres. Les vieux mythes sur la descente des ombres vers les Champs-Elysées ou le Tartaré, nous l'avons dit, ne trouvaient plus aucun crédit. Certains esprits spéculatifs qui cherchaient à les conserver, n''y parvenaient qu'en les dénaturant par des allégories audacieus'es. L'idée même d'une survivance consciente après la mort n'était plus généralement regardée comme assurée ; ceux qui n'allaient pas jusqu'à une négation brutale gardaient une prudente réserve.

Nous disposons, pour la période impériale, d'une documentation abondante pour nous éclairer sur la foi des humbles, des petites gens. Si l'on parcourt les vingt à trente mille inscriptions funéraires de la ville de Rome, qui remplissent les gros volumes du Corpus, si l'on y consulte celles de l'Italie et des provinces de l'Occident, on sera frappé du petit nombre d'épitaphes qui, en dehors de la formule banale dis Manibus,, si dépourvue de signification que des chrétiens mêmes ne se font pas scrupule de s'en servir, expriment l'espérance d'une vie meilleure. On reçoit une impression toute contraire à celle qu'on éprouve en visitant nos cimetières ou en lisant les recueils de vieilles inscriptions chrétiennes. Sur l'immense majorité des tombeaux, la survivance de l'âme n'est ni affirmée, ni niée : on n'en dit rien. Ou bien les rédacteurs de ces textes mortuaires, comme d'ailleurs les auteurs contem-

1. S.E.G., VIII, 269 : "IxEO TTjV xocvYiv à-rpaTcôv et<; 'A'îSew

2. Cf. Galletier, oj». cit., W. KroU, Kultur der ciceronischen Zeit, II, p. 17 ss.

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