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CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE I

le système du monde construit par leurs astronomes ne se fut pas effondré. Admise par le judaïsme alexandrin, enseignée à la fin de l'Empire romain par des mystères orientaux et par les Néoplatoniciens, elle fut adoptée par les grandes religions qui succédèrent au paganisme et devint, sous des formes diverses, en Europe et en Asie, la foi commune d'une large portion de l'humanité. On nous excusera si, recherchant la genèàe et le mode de transmission d'une doctrine si considérable, nous devons entrer dans certains détails qui pourront paraître arides.

A rechercher la première origine de cette doctrine, il nous faudrait remonter jusqu'aux croyances primitives sur les esprits des morts qui vont habiter la lune ou dev^iennent des étoiles^, ou du moins nous transporter dans ItEgypte pharaonique et la Crète minoënne^'. Mais, ce n'est point de ces pays que sont venues lés croyances qui se propagèrent en Europe, Nous les retrouvons au contraire, nettement formulées à la fois dans l'Inde védique et dans la Perse avestique, et c'est le dualisme zoroastrien qui a donné une précision rigoureuse à la conception d'une béatitude céleste opposée à la damnation infernale. Au corps dont s'empare le démon de la corruption s'oppose l'âme qui l'a quitté. Après trois jours elle s'élève à travers l'atmosphère itequ'iau redoutable pont Cînvât, d'où les impies sont précipitées dans les abîmes ténébreux. Au contraire les justes montent d'abord jusqu'à la région des étoiles, puis, selon leur degré de pureté, s'élèvent jusqu'à la zone de la lune ou celle du soleil, et les plus saintes parviennent enfin au Garôtman, à la lumière infinie où siège Ahoura-Mazda s.

Ce système est certainement très ancien : il repose sur des connaissances astronomiques rudimentaires. Comme les Upanishads de l'Inde, il situe les deux astres majeurs au-dessus des étoiles ; il ignore les planètes, qu'on n'avait pas encore appris à distinguer des fixes. Néanmoins son action s'est étonnamment prolongée. Non seulement l'eschatologie du manichéisme et du mandéisme, nés tous deux en Mésopotamie, exprime des convictions analogues, wiais l'idée des trois cieux superposés ne fut éliminée que tardivement de la littérature religieuse, et l'on peut dire qu'elle a conservé jusqu'à nos jours

I. CapeUe, De hma, stellis, lacteo orbe animarum sedibus (Diss. Halle), 1917 ; cf. ^ynibol.^ p. 177 ss. ; Louis Rougier, L'origine astronomique de la croyance -pythagoricienne en l'immortalité céleste des âmes (Institut d'archéol. Orient, t. VI), Le Caire, '933-

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