Crantor, cf. înfra, Boyancé, p. 163, n
3- Cf. Plut., Non -passe suav. vîvi sec. Efic, 28 ss., p. iio, 5 c. "• Wellmann, Bolos, Demokritos und Anaxilaos (Abhandl. Ak. Berlin, 1928, p. 4 ss.). 7- Rathmann, Quaestiones Pythagoreae, Orfhicae, Halle, 1933, p. 152 ss. ; Isidore ^^vy, La légende de Pythagore, Paris, 1927.
formulée et logiquement construite ; et les points de contact qu'offraient ses doctrines avec les croyances de l'Orient favorisa un vaste syncrétisme. Pythagore, affirma-t-on, avait eu pour disciple. Platon, qui fut vénéré presque à l'égal du sage de Crotone^. La puissante construction du panthéisme stoïcien ne fut pas sans exercer son ascendant sur les théories de la secte. Celle-ci avait été dès l'origine en contact avec les mystères orphiques et avec ceux de Dionysos et elle le resta, mais elle subit aussi l'action plus lointaine des religions, de Babylone et de l'Egypte, en particulier de ces doctrines « chaldéennes » que les Grecs avaient appris à mieux connaître après les conquêtes d'Alexandre.
Ce vaste éclectisme ouvert à toutes les nouveautés scientifiques ne provoqua pas une rupture avec le passé. Les théologiens réussirent à concilier avec elles les traditions poétiques, même les plus scabreuses et les plus absurdes, par un système plus ingénieux que raisonnable d'allégories morales 2. Le « divin » Homère devint ainsi un maître de piété et de sagesse, et la mythologie un recueil de récits édifiants. La démonologie permettait de justifier toutes les pratiques du culte, toutes les légendes de la Fable aussi bien que la magie et la divination : on rapportait à des puissances inférieures ce qui paraissait incompatible avec une conception plus haute de la divinité. Le pythagorisrae put amsi se poser, non en adversaire ou en réformateur, mais en interprète de la religion ancestrale. Les philosophes prétendaient rester fidèles à la pensée des sages qui, aux origines de la civilisation, avaient reçu une révélation divine, laquelle s'était transmise à Pythagore, puis à Platon. Ils se sentaient si certains de reproduire l'enseignement des Maîtres dont la parole faisait loi, qu'ils n'hésitèrent point, par une fraude pieuse, à mettre leurs propres écrits sous leurs noms vénérés. Rarement la littérature apocryphe vit s'épanouir une floraison aussi luxuriante que dans ces milieux d'illuminés s.
En bref, nous n'avons sur le développement que prit le pythagorisme dans l'Egypte des Ptolémées que des indications éparses et souvent suspectes, presque toute la littérature philosophique de cette époque a3^ant péri et les fragments qui nous sont parvenus d'oeuvres pythagoriciennes n'étant souvent que des pastiches pseudépigraphes difficilement datables. Néanmoins on peut affirmer
1. Macriobe, In somn. Scip., I, 11, i ; Proclus,- In Platonis theologiam, 1, 62, p. 13' éd. 1613.