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CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE

que cette secte occulte exerça une action considérable, puisqu'elle influença, comme nous le verrons, un stoïcisme devenu éclectique, au point de lui imposer sa conception de la vie future.

Si, par la voie détournée d'une Stoa réformée, la doctrine de l'immortalité devait conquérir, à Rome, des adhérents illustres \ la prédication pythagoriciemne s'y développa parallèlement, et cette action directe allait y, multiplier les conversions.

Après la prise de Tarente et la soumission de la Grande Grèce, cette secte, que le secret dont elle s'entourait suffisait à rendre suspecte au Sénat, gardien de la morale, mena en Italie une existence obscure et pour ainsi dire souterraine, mais elle ne s'éteignit pas et continua à faire une propagande dont on. peut relever de multiples indices *.

Lorsqu'elle s'introduisit à Rojne, elle chercha selon sa coutume à se rattacher ^ de vieilles traditions locales, et elle le put sans trop de difficulté. L'orgueil national des vainqueurs de la Grèce pouvait avec quelque complaisance la considérer comme italique. Pythagore passait pour avoir conseillé le roi Numa, le législateur religieux de la cité. Ennius avait exprimé sa doctrine dans ses poèmes, et Cicéron était persuadé que beaucoup d'institutions romaines avaient été calquées sur celles des Pythagoriciens *. De fait, dès le temps de l'ancienne République, le réformateur à demi mythique de Crotone jouissait, dans les classes dirigeantes de Rome d'une considération exceptionnelle*. La rude discipline de la vieille morale romaine pouvait être séduite par l'ascétisme et la frugalité de la secte. On sait qu'à l'époque de César les deux Sextius, le père et le fils, tous deux végétariens, enseignèrent non sans éclat cette philosophie tempérée de stoïcisme. Toutefois le premier adepte qui fit revivre' un conventicule pythagoricien fut, au témoignage de Cicéron, son ami, le sénateur Nigidius Figulus, curieux représentant de cette -religiosité scientifique qui caractérise le py thagorisme ' . Singulièrement érudit, ce magistrat romain était épris de toutes les sciences occultes : grammairien, naturaliste, théologien, il était aussi astrologue, magicien, interprète des songes et, à l'occasion, thau-

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