‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 177 sur 468 · CHAPITRE III, — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III, — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE

et il l'empêche d'atteindre le btit auquel la nature le destine. Il est un poids) en même temps qu'une peine pour l'âme : celle-ci se sent accablée par sa pression, et demeurerait sa captive, si la philosophie ne la ramenait des préoccupations terrestres vers le ciel * . Cette évasion lui rend la liberté ^ ; elle se soustrait ainsi à la prison où elle est retenue, est réconfortée par la contemplation des êtres célestes. Aussi le sage a-t-il hâte de briser définitivement les liens qui l'enchaînent^, de sortir par la mort, d'une geôle étroite, de quitter ce corps qui n'est pour lui qu'un logis malsain, où il est passagèrement hébergé*, qii'une enveloppe dont il se dépouille comme d'un vêtement'', et de rompre ainsi toute cohabitation avec un « ventre dégoûtant et fétide » ®. Dans tous ces développements souvent répétés, Sénèque parle comme les Pythagoriciens et les Platoniciens, et sa rhétorique elle-même renchérit sur eux.

Le sage est un dieu sur la terre '•, et lorsqu'il la quitte il rétourne vivre parmi les astres dans la société de ses égaujc ^ . Mais la plupart des hommes ne s'élèvent point à une telle perfection : il faut que leur âme séjourne quelque temps dans la zone voisine de notre globe pour y effacer les tares contractées dans cette vie mortelle" ; elle est pu,rifiée de ses souillures par les éléments entre le ciel et la terre, d;ans cet espace plein d'effroi, où le tonnerre et la foudre, le souffle des vents, les précipitations des nuages, de la neige, de la grêle provoquent comme un tumulte incessant '". Allégée du poids de ses fauites, elle s'élance vers les hauteurs célestes où elle retrouve les esprits bienheureux et peut s'entretenir avec le cénacle sacré des grands hommes dU| passé*' .

C'est sa parenté originelle avec les dieux, c'est la communauté d'une même essence, qui inspirent à l'esprit humain le désir de s'occuper des choses

Page 1