‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 182 sur 468 · III. — Formes de l'immortalité céleste · texte numérisé non relu

III. — Formes de l'immortalité céleste

Nous avons marqué les voies par lesquelles la foi en l'immortalité astrale se propagea dans le monde antique et rappelé quels furent les principaux défenseurs de cette croyance, dans la mesure où nous les connaissons. Mais il s'en f au^t . que nous puissions en suivre le développement à travers la littérature religieuse et philosophique et indiquer la part qui revient dans ses transformations à chacun de ses adhérents. Nous devons nous contenter d'exposer brièvement ici, pour terminer ce chapitre, quelles furent les diverses formes que prit successivement cette grande doctrine çschatologique.

Des croyances répandues chez beaucoup de peuples par le monde mettent la survie de l'âme en relation avec les astres. Longtemps on se figura naïvement qu'un nouveau soleil était créé chaque matin 2 ou du moins chaque hiver, qu'une « nouvelle lune » naissait chaque mois , et des traces de cette idée primitive ont survécu dans les religions de l'antiquité et jusque dans notre langage moderne. Mais lorsqu'on se rendit compte que les mêmes luminaires célestes, après avoir amorti leurs feux et perdu leur éclat, réapparaissaient pour recouvrer bientôt leur splendeur, que les étoiles qui s'allumaient au, crépuscule étaient les mêmes qui s'étaient éteintes à l'aurore, leurs vicissitudes furent mises en rapport avec la destinée de l'homme, qui devait, comme eux, renaître à une vie nouvelle 3. Diverses tribus sauvages associent ainsi les astres et spécialement la lune à la résurrection des morts. Le disque blafard, qui verse dans les ténèbres nocturnes sa lueur indécise, faisait apparaître les fantômes qui hantaient les songes et les veilles. Il était la puissance qui présidait à la vie d'outre-tombe. Chez les Grecs, dès les temps les plus anciens, Hécate est à la fois la déesse lunaire, l'évocatrice des revenants et la reine des Enfers. En Orient des idées astrologiques se mêlaient à cette mythologie ; on enseigna que les rayons froids et humides de l'astre des nuits corrompaient la chair des morts et en détachaient ainsi

1. Pfeiffer, Studien zum antihen Sternglauben,'Z-zoiy(zia, II, 1915 ; P. CapeUe, De luna, stellis, lacteo orbe animarum sedibus (Diss. Halle), 1917. Goindel dans Roscher, s. v. « Sternbilder », p. 1065 ss.

2. C'était encore l'opinion des Épicuriens, cf. Symbol., p. 60, infra, ch. IV, p. 195.

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